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DANS LE RETRO : DE BELLES HISTOIRES DE VELOS, DE MOTOS, DE DERNY


MONDIAL 1938 : IL FAUT EN FINIR AVEC LE DEMI-FOND (SUITE ET FIN)

MONDIAL 1938 : IL FAUT EN FINIR AVEC LE DEMI-FOND (SUITE ET FIN)  

 

Pour ce championnat du Monde qui se dispute au vélodrome olympique d'Amsterdam, tout va donc commencer selon les règles du genre :  l’attaque de la diligence ici sera remplacée par celui d'un équipage, avec, dans la première manche, en guise de mise en bouche, les manœuvres d’outlaw de l’entraîneur de l’Italien Canazza, le Belge Vanderstuyft, dont la mission sur la piste paraît devoir être l’élimination physique d’un concurrent susceptible de troubler le bel ordonnancement de la combinaison à venir. A ce jeu-là, c’est le Luxembourgois Josy Krauss, qui paraissait jusqu’ici tout à fait en  posture de remporter la manche aux dépens du favori Lohmann, qui finira les quatre fers en l’air. La piste est dégagée, l’Allemand Lohmann dès lors n’a plus qu’à aller « cueillir » la victoire. Voici un Allemand en finale.

 

Il faut un deuxième Allemand en finale : ce sera Metze, le champion 1934, fort comme un buffle, doté d'un  entraîneur pas trop regardant sur les moyens. Notre Henri Lemoine, le champion de France 1938 est l’un des favoris. Hôte à l'année des vélodromes allemands, Il est venu à Paris remporter 'un mémorable championnat national. Inexplicablement (?), il ne pèsera pas une seconde sur la course, devançant seulement le Hongrois Szekeres, que la presse sportive qualifie de « candidat folklorique » pour ne pas dire plus. Qu’un champion tel que « L’Homme aux petits pois » n’arrive même pas à devancer au cours de cette manche le vieillissant Henri Suter - formidable champion mais dont les heures de gloire sont désormais loin, bien loin derrière lui -, voilà qui laisse dubitatif. En tous cas, voici désormais deux Allemands en finale.

 

Pour faire une bonne coalition mieux vaut être trois que deux. Donc, nécessité pour la délégation allemande de dénicher un troisième larron. Surprise : dans la troisième manche, c’est « Le Lion », Georges Paillard, qui fait la nique au favori hollandais Wals. C’est certes un moment de fierté pour la délégation française, mais qui peut croire raisonnablement que le lendemain en finale, notre vieillisant "Lion" sera capable de reproduire pareille prestation ? Personne n’y croit. Pas même l’intéressé. Par contre, le hollandais semble avoir le profil du "troisième homme".

 

 

Le premier repêchage verra la rédemption d’Eduardo Severgnini, victime d’une défaillance en qualification, mais qui signe là une prestation si impressionnante que les observateurs le plébiscitent illico comme le favori de la finale. En fait, ils viennent de désigner aux comploteurs de vestiaires l’homme à abattre. « Si la course ne se déroule pas avec une entente entre les deux Allemands, jamais je n’aurai eu une aussi belle chance d’être champion du Monde » déclare l’Italien à la presse. Voire …

 

1+1=2. Il manque un troisième allemand en finale. Le Hollandais Wals, facile vainqueur d’un Henri Lemoine bizarrement une nouvelle fois aux abonnés absents fera l’affaire. Avec une décontraction proche du cynisme, le Hollandais - qui aura l'occasion sous peu sur d'autres terrains que ceux du sport de prouver son attachement sans limite à l' Allemagne nazie - lance une fois sa course finie cette réplique sibylline aux intervieweurs : « On parlera encore de moi après la finale ! » …  Culotté non ? 

                                                       

 

La finale ? La voici justement. Et le compte y est : il y aura bien trois Allemands en finale. Pour la façade, seulement deux. Car - pas bêtes - les compères Metze et Lohmann laisseront faire le sale boulot à leur compère Wals, qui, sans vergogne, s’échinera à jouer la course durant l’homme-tampon au profit de ses deux mandants. Metze accélère ? Wals  laisse passer ! Severgnini veut passer à son tour ? Résistance forcenée du batave. Harcelé dès le début de la course par la tenaille Lohmann-Metze, mordu sans cesse aux chausses par le roquet Wals, Severgnini, un temps en tête, devra céder le commandement au 34ème kilomètre, tout en signalant aux commissaires ensuqués dans leur morgue cynique (ou imbécile, ou les deux) la manœuvre manifeste. Harcelé par Wals, bouchonné par le duo allemand, Severgnini  réussit pourtant l’exploit de tenir les deux larrons sous sa constante pression, leur interdisant le moindre relâchement. Ils auront sa peau, mais ça leur coûtera !

                                        

 

Jusqu’au terme de la course, Eduardo Severgnini restera dans le tour de ses deux adversaires-comparses. Pendant une pleine demi-heure, il n’aura eu de cesse que de courir la rage au ventre vers  la chimère d’un titre déjà verrouillé en coulisses. Les efforts du champion italien, magnifiques autant que pathétiques, resteront vains : la société Metze-Lohmann et cie s’est entourée de toutes les garanties pour mener son entreprise à bien.

 

Sous les sifflets le triste vainqueur choisit de jouer la pauvre comédie de la course-difficile-à-gagner-et-du-triomphe-modeste, tandis que ses affidés camouflent leur forfait aux intervieweurs dans un brouillard d’explications autant hypocrites que marécageuses.

 

Les observateurs en bord de piste sont écoeurés. Le lendemain, une presse exaspérée demande l’annulation de ce sinistre championnat. Et le journaliste Jean Leulliot, qui a été agressé avant la finale par l’entraîneur de Metze, le Français Maurice Ville furieux de voir ses pratiques exposées au grand jour, n’est pas le dernier à la réclamer.

 

C’est qu’après ce jeudi noir, une impression de dégoût demeure … «  Ca, du sport ? Pouah ! Quelle ordure ! »… «  Si ce sont les mœurs qui sont indéracinables, de grâce, supprimez des championnats annuel ce demi-fond de combine… » « Il faut en finir avec le demi-fond »… « Vivement que l’on supprime ce honteux championnat »

 

La presse se lâche, la presse se fâche… « Ce Soir » ferme le ban : «   Le demi-fond a sans doute vécu »  Georges Paillard, désabusé déclare pour sa part : « Les Allemands reçoivent des ordres de leur fédération, et Sawall est en bord de piste pour les surveiller » Fermez le ban !

 

Devant pareil désastre, que croyez que l’U.C.I. fit ? Le 3 Novembre suivant, elle choisit de rajouter une touche d'ignominie et de surréalisme à la triste farce de cette édition 1938, en entérinant ses résultats frelatés, et en infligeant 100 francs d’amende à – tenez-vous bien… Severgnini, pour « avoir réclamé à haute voix auprès des commissaires sur la ligne d’arrivée » !!!

 

Décidemment, le demi-fond demeure un cas désespéré.

 

Mais revenons à notre western. Pour étouffer la plainte de l’Italien Severgnini, l'U.C.I. a  trouvé des alliés sûrs. Il a osé clamer à la presse sa révolte dès sa descente de vélo : « On m’a volé le titre de champion du Monde ! ». Eh bien sa plainte se fera plus embarassée, plus amortie les jours suivants. « On » lui a fait comprendre de ne pas trop s’épancher s’il voulait pouvoir courir les pistes d’Europe après ce Mondial. Il ne faut pas « gâter le métier » cher, très cher Eduardo... Air connu... Et l'on quitte le monde du western pour celui de la série noire…

 

Notez bien qu’à chaque « sale affaire » du cyclisme, c’est un refrain que l’on ressort de la poubelle, et que ce genre d’argument saura faire de l’usage tout au long du vingtième siècle, et au-delà.

 

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Donc, pas de happy end pour Eduardo Severgnini en 1938. Il n’y en aura pas plus l'année d'après. Ni l’autre. Ni les suivantes. Et cette fois pas à cause d’une quelconque coalition germanique. Quoique...

 

En 1939, à Milan, le stayer italien pense que son heure a enfin sonnée. Là, devant les siens, après avoir survolé sa série qualificative, le maillot arc-en-ciel, effleuré en 1934 puis les deux saisons précédentes, paraît lui tendre enfin ses manches irisées.  

 

Chez lui, au mythique Vigorelli, le dimanche 27 Août 1939, en toute fin de soirée, il va remporter magistralement sa série, la troisième. A la clef, il signe un meilleur temps sidéral : 100 km en 1h 16’16’’, à 78.71 km/h de moyenne ! Il peut dès lors déclarer aux journalistes qui l'entourent, sans passer pour un vantard : « Cette fois, j’espère bien avoir le maillot ! »

 

Jeudi prochain c’est sûr, il fera la peau de ses tourmenteurs 1938 sous les yeux des tifosis. Certes, « l’affreux jojo » Wals, qui a remporté lui aussi sa série, sera encore de la partie. Mais il n’osera pas renouveler ses forfaits ici, en Italie. Ce serait cette fois pour lui un jeu bien dangereux de s’en prendre trop ouvertement à l’enfant du pays. Et Walter Lohmann, qui s’est qualifié pour la finale, lui aussi ? D’homme à homme, il n’en a pas peur, pas un instant, et sur sa forme actuelle, il en fera son affaire, ça ne fait pas l'ombre d'un doute.  

Pourtant, cette finale, Eduardo Severgnini ne la courra jamais. Il se verra obligé, comme ses adversaires, de quitter le Vigorelli toutes affaires cessantes...

 

Pas de chance Eduardo, c’est juste la seconde guerre mondiale qui s’invite. Ce jour-là, on réquisitionne les vélodromes. Le championnat du Monde est reporté à… quand on pourra l’organiser ! La délégation française quant à elle se frotte les mains : son plus sûr espoir, le champion national Louis Minardi, qui a disputé l’éliminatoire les fesses en sang, et n’a pu ainsi tenir son rang se verra ainsi peut-être donner une seconde chance...

 

Le 10 Février 1940, l’U.C.I., en son congrès tenu à Milan, proclame que les championnats du Monde 1940 ne seront pas disputés.

 

 

Eduardo Severgnini ne sera jamais champion du Monde.

 

 

 

 

Epilogue : la parenthèse de la guerre n’y fera rien. Les mœurs du « milieu » ne se sont pas assainies, et les combinards auront tôt fait de retrouver leurs marques, direction Zurich, pour une ubuesque  édition 1946, où le burlesque fera bon ménage avec le révoltant.

 

Mais ce sera une autre histoire...

 

... A moins que ce ne soit la même finalement.

 

 

Sources : Paris-Soir; Le Miroir des Sports; L'Auto; L'Intransigeant; Ce Soir; L'Humanité; Cyclosport;


Sources : Ce Soir; L'Auto; Paris-Soir; L'Intransigeant; Le Petit Parisien; L'Humanité; Le Miroir des Sports- Etude François Bonnin

 

Voici les principaux articles de l’AUTO sur les entraîneurs du demi-fond. 

Edition 23/08/1938 : " C’est Maurice Jubi qui entraînera Fombellida pour le championnat du monde ".

Edition 24/08/1938 : " Groslimond, entraîneur de Lohmann, de passage à Paris".

Edition 25/08/1938  : " L’entraînement à l’Olympiastadium d’Amsterdam ; Paillard s’est entrainé derrière Deliège ".

Edition 26/08/1938 : " L’entraînement à l’Olympiastadium d’Amsterdam ; Wals a roulé derrière Kaeser, Groenewegen et Krauss se sont également entraînés  (pilotes non cités). Le ciment d’Amsterdam est bien moins roulant que celui du Parc".

Edition 27/08/1938 : " Fombellida, arrivé sans entraîneur, sera piloté par Van Ingelghem. Lemoine derrière Guérin pour le championnat du monde ".

Edition 28/08/1938 : «  A propos de l’accident de la 1ère série, 3 entraîneurs sont cités : Philippe (Meuleman) , Vanderstuyft (Canazza), Van Ingelghem (Krauss).

Edition 29/08/1938 Faits de course de la 3ème série : "Ordre au départ : Fombellida (entrainé par Ernest Pasquier, remplaçant Van Ingelghem suspendu), Paillard, Severgnini, Wals, Ronsse …"  aucun autre entraîneur cité.

 

 


 

AMSTERDAM – piste de l’Olympic Stadion

Samedi 27 Août - Première série 

  1. Walter Lohmann               (ALL)      - entr. Georges Groslimond (CH) - les 100 km en 1h 24’30’’»
  2. Aldo Canazza                   (ITA)       - entr. Léon Vanderstuyft (BEL) - à 150 mThéo Heimann (CH) – entr. Karl Saldow (ALL) hors course après le 50ème km
  3. Chute de Josy Krauss (LUX) – entr. Felicien Van Ingelghem (BEL) et August Meuleman (BEL) – entr. Victor Philippe (FRA)   

Dimanche 28 Août - Deuxième série

  1. Erich Metze                        ALL         - entr. Maurice Ville (FRA) – les 100 km en 1h 25’24’’2/5
  2. Dirk Goenewegen                P-B         - entr. Frits Wiersma (P-B) - à 510 m
  3. Henri Suter                        CH          - entr. Ernest Pasquier (FRA) - à 800 m
  4. Henri Lemoine                   FRA        - entr. Maurice Guérin (FRA) - à 1 790 m
  5. Bela Szekeres                     HON       - entr. John Schlebaum (P-B) - à 3 750 m

Troisième série

  1. Georges Paillard FRA        FRA       – entr. Pierre Deliège (FRA) – les 100 km en 1h 24’34’’
  2. Eduardo Servergnini         ITA         – entr. Arthur Pasquier (FRA) à 1t 150 m
  3. Alejandro Fombellida       ESP         - entr. Ernest Pasquier (FRA) à 1t 250 m
  4. Cornelis Wals                     P-B         – entr. Albert Käser (ALL) à 3t 400 m
  5. Georges Ronsse  BEL         à 4 t 100 m – entr. Emile Vandenbosch (BEL)                         

 

Repêchage : Première série                           

  1. Severgnini          ITA         - entr. Arthur Pasquier (FRA) – les 100 km en 1h23’17”
  2. Henri Suter         CH          - entr. Ernest Pasquier (FRA) à 1 t 250 m
  3. Groenewegen    P-B         - entr. Frits Wiersma (P-B) – à 3 t 50 m
  4. Ab. Bela Szekeres – entr. John Schlebaum (P-B) au 80ème km; Alejandro Fombelida (ESP) entr. .. ? .. ? au 90è km

Fombellida, arrivé à Amsterdam sans entraineur devait être piloté par Van Ingelghem, mais celui-ci ayant été suspendu car reconnu principal responsable du grave accident survenu dans la première série, c’est Ernest Pasquier qui a piloté l’Espagnol en série, Suter et Fombellida étant alignés ensuite dans le même repêchage.

 

 

 

Repêchage : Deuxième série 

  1. Cornelis Wals    (P-B)       – entr. Albert Käser (ALL) – les 100 km en 1h 26’52”
  2. Henri Lemoine (FRA)       - entr. Maurice Guérin (FRA) – à 2 t 100 m
  3. Aldo Canazza (ITA)           - entr. Léon Vanderstuyft (BEL) – à 2 t 250 m
  4. Théo Heimann (CH)         - entr. Karl Saldow (ALL) – à 3 t 225 m
  5. Ab. Georges Ronsse 62ème km entr. Emile. Van den Bosch

Cinq qualifiés pour la finale courue le Jeudi : Metze, Lohmann, Paillard, Severgnini, Wals.

 

Jeudi 1er Septembre – FINALE

 

Elle se déroule devant soixante-dix mille personnes.

Placement sur la ligne de départ : le tenant du titre, puis les meilleurs temps des séries et des repêchages.

En préambule, Gerrit Schulte remporte le Critérium du Monde de poursuite en battant son compatriote Klink.

Il s’agit ici du premier championnat du Monde (officieux) de poursuite.

 

  1. Erich Metze                       ALL         - entr. Maurice Ville (FRA) – les 100 km 1h 25’55’’1/5
  2. Walter Lohmann               ALL         - entr. Georges Groslimond (CH) - à 300 m
  3. Eduardo Severgnini          ITA         - entr. Arthur Pasquier (FRA) - à 310 m
  4. Cornelis Wals                      P-B         - entr. Albert Käser (ALL) – à 1 t 200 m
  5. Georges Paillard                  FRA        - entr. Pierre Deliège (FRA) - à 7 t

La course : Pas de champion de France dans cette finale. Etrangement, l’impérial vainqueur de la course au titre national aura été en dessous de son niveau habituel, incapable de peser sur la course.

Un seul français en finale, le vieillisant Paillard. Un hollandais, l'ambigu  Wals. Un Italien, Eduardo Severgnini; deux allemands Lohmann, le tenant du titre et Metze.


Merci François Bonnin pour sa contribution  

 

Le petit pouce « J’aime » en bas à droite est un des indicateurs qui me permettent de faire croire à mon fournisseur d’accès

que ce site est suivi et important (on peut rêver non ?)

A utiliser donc sans modération

 

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03/03/2019
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WHAT BECOME OF THE BSA ? ( Ou : " Que sont les BSA devenues ..." ) - MISE A JOUR NOVEMBRE 2018

QUE SONT LES BSA DEVENUES ... ?

 

 

44  EXPO DF ROGER GODEAU - Copie_crop.jpg

  Roger Godeau, flanqué ici du légendaire autant que vénérable Arthur Pasquier :

le premier champion de France de demi-fond derrière BSA

 

" Que sont les BSA devenues, que j'avais de si près tenues, et tant aimé ..."

 

Non, même en paraphrasant  le poète, " ça ne passe pas " :  vous n'arriverez pas à arracher une larme de nostalgie à un ancien coureur ou un ancien pacemaker à l'évocation de ces motos d'entraînement qui ont pourtant rythmé, un quart de siècle durant, l'épopée du demi - fond. 

 

Elles n'ont pas eu de chance, au fond, les BSA : elles n'ont jamais été appréciées, et aucune charge affective ou nostalgique ne leur est attachée. Elles ont eu -  il faut le dire - la tâche ingrate de succéder aux mythiques BAC et ANZANI, et ceci explique grandement cela ...

 

 

Au début de l'année 1956, la Direction du vélodrome du Parc des Princes, en la personne d'André Mouton, lasse de constater l'emprise des entraîneurs - propriétaires de leurs machines - et les pratiques en course de leur consortium inavoué, décide de faire l'acquisition - pour le prix de 700 000 francs l'unité - de douze motos BSA Golden Flash twin, un modèle "commercial" d'une cylindrée de 650 cm3, doté de " quelques modifications peu importantes pour l'utilisation en demi-fond " (suspension arrière neutralisée, un seul frein à l'avant, guidon, selle, repose - pied, adaptation d'un rouleau aménagements apportés en usine par B.S.A) .

 

Le but avoué de l'équipe de direction : briser le "monopole" des entraîneurs, et favoriser l'éclosion des jeunes. Deux postulats, pour - hélas - autant d'échecs. Les entraîneurs s'adapteront bien vite à la situation et agrandiront très vite leur "terrain de jeu" pour le plus grand mal de la discipline. Quant à l'éclosion des jeunes, elle ne fera pas florès : le demi-fond a déjà son avenir derrière lui en ce milieu des années cinquante  ou l'hégémonie de la route étouffe chaque jour davantage l'activité pistière ...

 

BSA photo JP Juge 1954 présentation nouvelle moto au Parc des Princes Lavalade O424-15 - Copie_crop.jpgBSA 1.jpg

Lavalade père et fils lors des séances d' essais - collection Patrick Police 

 

 

Le Dimanche 25 Mars 1956, au cours des essais, réalisés sur la piste rose du Parc des Princes,  les engins atteignent la moyenne fort satisfaisante de 87 km/h. Pourtant, les réactions des observateurs, des entraîneurs et des coureurs restent mitigées ... Le côté moderne, les impératifs d'adaptation à l'époque,  ils ne discutent pas ... Mais quid de la proverbiale onctuosité des accélérations des antiques "grosses mouches", l'inégalée lenteur (1800 tours minutes) des moteurs Bac Meyer à deux cylindres culbutés de 18cv ? Derrière les BSA, les stayers  "encaissent" mal les accélérations. Quant à la  capacité d'abri des fabuleux engins du début du siècle, elle apparaît à la rubrique "Pertes" de l'opération. Côté entraîneurs, ce ne sera pas la franche gaîté : les nouvelles machines semblent modifier la hiérarchie en vigueur jusqu'à lors. Autant vous dire qu'à l'humiliation de voir remisées au placard les motos dont ils sont propriétaires s'en ajoute une autre, tout aussi saumâtre : la couleuvre aura du mal à passer.

 

D'autant qu'en course, il apparaît vite que les BSA et leur train soutenu ne permettent pas de réaliser de grosses différences, ou qu'en tous cas celles-ci deviennent plus difficiles à réaliser qu'avec les anciennes grosses motos. Avec ces nouveaux engins, exit paraît-il les coude-à-coude si spectaculaires. Et les anciens de comparer leur rendement sportif à celui - si médiocre - des motos dites commerciales type Automoto ouTerrot expérimentées avant-guerre. Enfin, et ce n'est pas là le moins, les remous occasionnés par les BSA s'avèrent  nettement moins conséquents que le "souffle" dégagé par le dépassement des vénérables "grosses motos" : plus de course d'arrêt donc ...

 

Le championnat 1956, remporté par Roger "Popeye" Godeau, semblera  nourrir la démonstration que le nouveau mode d'entraînement profite davantage  aux stayers "souples" habitués au bois des pistes des vélodromes d'hiver. 

 

Après quelques saisons d'utilisation, force sera de constater que les buts recherchés ne seront jamais atteints, et l'adoption des BSA ne  marquera finalement qu'un fol espoir pour les aficionados, et une simple pause dans un processus de délitement déjà fort entamé.

 

BSA 3.jpg

 

Les caractéristiques du moteur BSA :

 

  • régime : 5750 t/m
  • puissance : 34 cv à 5750 t/m
  • Poids : 195  kg
  • Cylindrée : 646 cm3 / course : 84 mm / alésae : 70 mm
  • Cycle : 4 temps culbutés
  • Bicylindre
  • Vitesse minimum : 5 km/h
  • Vitesse maximum : 115 km/h

 

 

 

BSA Moto revue 2 n1309 6 oct 1956 journée BSA 2 - Copie_crop - Copie_crop - Copie - Copie.jpgBSA Moto revue n1309 6 oct 1956 journée BSA 2 - Copie_crop - Copie - Copie_crop - Copie.jpg Ici en démonstration sur l'autodrome de Linas-Montlhéry à l'occasion de la journée BSA en 1956

Sur le vélo, le stayer Italien Martino (à confirmer)

 

Ces engins auront donc une brève et cahoteuse existence, hâtée par la démolition du vélodrome du Parc des   Princes en 1967, vendu par la société " l Equipe-Parc-des-Princes ".  Quand la Ville de Paris confiera la gestion du site à la Fédération Française de Football, un restaurateur montmartrois, Monsieur Antonin Dalous  [alerté par un ami que les vélos de stayer, les équipements et les BSA allaient être "bradés"], acquerra l'ensemble de ces matériels et équipements.  

Son restaurant " Sous l'Abat-Jour " deviendra le  siège du club  " Le Guidon d'Or ", nouveau propriétaire des BSA.

 

Antonin Dalous a créé ce club, dont il devient le Président, guidé, selon ses propos, par le désir de "purifier l'ambiance".

Le journaliste et ancien stayer Jacques Lohmuller en est le Directeur Technique, aux côtés d'André Texier (vice-président), Maxime Bousquet (secrétaire) et Roger Quinet (Trésorier).

 

Remises sur le circuit, les BSA accompagneront jusqu'en 1981 les stayers nationaux dans leur ronde infernale, recevant dans l'intervalle l'agrément de l' U.C.I en Novembre 1971 pour les championnats du Monde professionnel 1972. Pour la purification de l'atmosphère espérée, on repassera ...

 

60    EXPO DF J PINSELLO - Copie - Copie_crop.jpgBSA Victor Longue e.jpg

 Jean Pinsello dans le sillage de l'entraîneur X - photo collection Patrick Police / L'entraîneur Victor Longue

 

A l'occasion du renouvellement du parc des motos d'entrainement en 1982, nos BSA s'éparpilleront aux quatre coins du territoire (et quelques fois même au-delà), certaines finissant même paraît-il dans des collections privées, de façon assez inexplicable (??) ... Mystère, mystère ... 

 

... Pauvres BSA, mal aimées lors de leur entrée en piste en 1956, peu  appréciées durant leur (brève : un quart de siècle)  existence, elles  ne trouveront donc  jamais le repos, même dans leur retraite ... Alors : " Que  sont les BSA devenues ? ". 

 

La question reste posée ...  si vous avez des éléments de réponse, je serai curieux de les connaître ...

 

Aujourd'hui, en Novembre 2018, on attend encore des informations sur leur sort ... Ne soyez donc pas étonnés d'en voir apparaître une un de ces quatre au gré d'une brocante ou d'une vente aux enchères, en France ou à l'étranger, une fois que leur(s) légitime(s) ou (il)légitimes propriétaire(s) aura(ont) quitté la piste du grand vélodrome de l'existence  ...

 

  

Patrick Police et François Bonnin, pour STAYER FR

2 Janvier 2015 & 31 Octobre 2018

 

A SIGNATURE BOOK NLLE EDITION - Copie - Copie.jpg A SIGNATURE LA COUVERTURE Couverture Image (2) - W Copie 1 - Copie - Copie - Copie - Copie.jpg

 

Sources : Etude de François Bonnin; Documentation Pascal Pannetier; témoignages de Messieurs Jean Court, Jacques Lohmuller, Miroir du Cyclisme, Cyclisme-Magazine , Moto Revue, Sport mondial, Route et Piste, But et Club.

 


 

Nota : pour toute reproduction -même partielle - de ce travail,

il devra être mentionné le nom des auteurs et du site internet STAYER FR

 

 

 

 


31/10/2018
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IL Y A CINQUANTE ANS ... LE CHAMPIONNAT DE FRANCE DE JOSEPH PHILIPPE

JOSEPH PHILIPPE : UN TITRE ... ET LA VIE

 

 

 Lunéville 1968 : Joseph Philippe aux côtés du Vice-Président de la F.F.C. Daugé, d'Alain Maréchal et Roger Kuten

 

 

STAYER FR : « Joseph PHILIPPE, je vous retrouve en Bretagne, alors que les quelques informations en ma possession m’orientaient plutôt vers une piste plutôt … parisienne »

JOSEPH PHILIPPE : « Je suis né le 25 Avril 1944 à Maël-Pestivien (près de Callac dans les Côtes d’Armor), mais j’ai vécu, pendant mon temps cycliste, en région parisienne, à Saint-Denis. J’habitais boulevard Félix Faure, tout près du vélodrome. Je me suis marié le 5 Février 1966 dans cette ville avec Eliane, née Charpentier, qui partage toujours ma vie  »

 

 

STAYER FR : « Comment s’y prenait-on lorsque l’on désirait se lancer dans l’aventure du demi-fond dans les années soixante ? »

JOSEPH PHILIPPE  « A cette époque, il n’était pas trop compliqué de venir au demi-fond, surtout lorsque, comme moi, on était sociétaire du C.V. Dyonisien. Les dirigeants - et là, il faut rappeler la figure du Président Frederich - avait une véritable « culture demi-fond », et il y avait toujours au moins un stayer au club, avec « en tête de gondole » un Antège Godelle, un André Retrain, ou encore un Jean Raynal … Et dans les cabines du vélodrome, il y avait toujours quatre ou cinq vélos de stayer prêts à servir »

 

« L’entraînement derrière moto, on le pratiquait soit sur la piste du vélodrome du Parc des Princes, soit sur celle de La Cipale, à Vincennes. Mais pas sur la piste municipale de Saint-Denis, où pourtant, mon histoire de stayer a débuté, lorsqu’en 1963, alors que je roulais   derrière derny, Monsieur Frederich m’a interpellé : « Il va falloir que tu fasses un essai derrière moto : tu tournes drôlement bien derrière derny ! » Et tout est parti de là ... » 

 

 

STAYER FR : «  Vous avez bien vécu cette période de votre existence ? »

JOSEPH PHILIPPE  «  C’était une époque bien sympathique : j’aimais l’ambiance de ce milieu, on ne se prenait pas au sérieux, et on était bien plus décontractés que nos collègues sprinters par exemple. Et puis, il m’arrivait de m’entraîner avec Roger Hassenforder, qui habitait alors près de la rue de Wagram à Paris, on se rejoignait à la Porte de la Chapelle, et l’on partait rouler du côté de Pontoise. On a vite sympathisé, et nos sorties n’engendraient pas la mélancolie, car Roger était toujours « en représentation », fidèle à son personnage en somme ... »

 

« ... Avec Antège Godelle, nous étions voisins. Il habitait dans le quartier du Landy, à quelques encablures du boulevard Félix Faure où je résidais, et c’était mon grand copain. Mais quel casse-cou sur le vélo ! Le genre à rouler derrière un camion, capter son abri et s’attacher à ne pas se faire larguer, peu importe la vitesse … Quand tu roulais avec lui dans une américaine, c’était un régal : il était d’une telle adresse, il passait partout … »

 

 

STAYER FR : «  Il y cinquante ans maintenant, vous remportiez à Lunéville le titre de champion de France amateurs, après trois podiums consécutifs sur la troisième marche. Des souvenirs particuliers de cette journée ? »

JOSEPH PHILIPPE : « Dans cette édition 1968, je peux dire que j’ai vécu là une journée sans histoire. C’est bien simple : je n’ai jamais été inquiété de toute la course. Des championnats de France, j’en ai disputé sans discontinuer de 1965 à 1969. Je courrai mon dernier à l’âge de vingt-cinq ans, en 1969. Et je vais vous expliquer pourquoi »

 

« Ce Dimanche 20 Juillet 1969 à La Cipale, le championnat se disputait dans le cadre de l’arrivée du Tour de France. J’avais observé, à l’occasion des épreuves précédentes disputées par les pros, que ceux-ci crevaient souvent au même endroit dans le virage, juste avant la ligne droite d’arrivée … L’un des concurrents avait même chuté. J’en ai alors fait la remarque à Monsieur Jean Court, qui officiait ce jour-là, et lui demandait de bien vouloir faire procéder à un balayage de la piste à cet endroit : il y avait pour moi un titre national à la clef tout de même … Mais il a refusé, et il m’a littéralement envoyé « promener ». J’étais à ce point outré que je me rappelle lui avoir alors répondu : « Puisque c’est comme ça, c’est terminé ! Vous ne me reverrez plus jamais ! ... D’ailleurs, j’ai autre chose à faire de mon existence ! »

 

« Evidemment, pendant la course, vous devinez ce qui est arrivé : j’ai bien sûr crevé du pneu avant dans ce fameux virage, alors que j’étais à ce moment de la course en seconde position, et tout à fait en posture de pouvoir encore la gagner … Et cela a été mon dernier championnat de France ! Et ma toute dernière course derrière moto ! »

 

STAYER FR : « A raison d’une dizaine de courses de demi-fond par an, et de ces cinq championnats, vous avez usé de combien d’entraîneurs ?   »

JOSEPH PHILIPPE : « Pour l’édition 1965, le premier était René Godest, ensuite il y a eu Victor Longue, pour les éditions 1966 et 1967, et enfin Alexis-Blanc-Garin pour les éditions 1968 et 1969 »

 

STAYER FR : « Aux championnats du Monde, on ne peut pas dire que vous ayez connu une franche réussite … »

JOSEPH PHILIPPE : «  En effet, mais il y a de bonnes raisons à cela. En 1967 (je travaillais alors au Crédit Chimique Péchiney à Paris) pour me rendre aux championnats du Monde disputés à Amsterdam, il m’a été impossible d’obtenir un congé de mon employeur. Du coup, je me suis trouvé dans l’obligation de faire le voyage en Hollande pour arriver juste au moment de disputer ma série,   le temps de l’achever en sixième position dans le sillage du bon Victor Longue,suivi d' un retour express à la maison afin de reprendre le collier dès le lendemain matin. Difficile dans de pareilles conditions d'accomplir une performance ... »

 

« En 1968, les choses se sont présentées différemment. Tout d’abord je dois rappeler que 1968 a été ma meilleure saison. Je marchais très fort cette année-là : la preuve, j’ai remporté toutes les courses de demi-fond que j’ai disputées, que ce soit en France ou en Belgique ! Et d’ailleurs, quand je me suis présenté au vélodrome olympique de Rome (cette fois j’avais réussi à obtenir quelques jours de congé …), j’étais considéré comme l’un des favoris. »

 

«  Je me rappelle avoir rejoint Rome avec André Gruchet (un autre grand copain; il habitait Sannois et s’entraînait souvent sur le vélodrome de Saint-Denis) au volant de ma Simca 1300, l’équipe de France ayant quant à elle effectué le voyage en avion. Arrivé là-bas, j’avais bien en mémoire qu’Hugo Lorenzetti avait eu sur cette piste en bois, très rapide, un grave accident, qui l’avait définitivement écarté des courses ... "

 

" Le jour de la course, je n’ai pas pu m’empêcher d’y penser lorsque, alors que, derrière Alexis Blanc-Garin, alors que j’étais en seconde position et que tout se passait jusqu’ici plutôt bien, ma pédale a soudain heurté le bois dans un virage. Résultat, une énorme frayeur, avec à la clef une quatrième place synonyme de repêchages. … Je n’y étais déjà plus. Je me souviens avoir alors réfléchi intensément. Je venais juste d’avoir ma fille quinze jours auparavant ... et Alexis Blanc-Garin qui en a rajouté : « Tu as eu chaud, tu sais … »

 

« Et comme si ce n’était pas assez, tout s’est vite gâté. Dès ma descente de vélo, deux commissaires, un Italien et un Allemand, m’ont conduits sans ménagement au contrôle anti-dopage. Enervé par leur incorrection, je leur ai demandé de me laisser au moins le temps de prendre ma douche. Devant leur refus, j’ai décidé, alors que j’étais accompagné du mécano de l’équipe de France « Mémé » Montillot, de ne pas me rendre au lieu de contrôle tant que je n’aurais pas pu prendre ma douche. Je suis resté en compagnie de ces deux commissaires des heures (« Mémé » Montillot était parti quant à lui depuis un moment). Là, j’ai eu tout le temps de penser aux problèmes que Jacques Anquetil lui-même avait rencontré avec les contrôles anti-dopage en Italie l’année d’avant. Enfin, Toto Gérardin, ne me voyant pas revenir et commençant par s’inquiéter, est venu en personne nous chercher. Là il a réussi à convaincre les commissaires d’accéder à ma requête, et j’ai pu me doucher avant de satisfaire au contrôle."

 

" Quand nous avons quitté le vélodrome il était plus d’une heure du matin. La nuit a donc été courte (je partageais ma chambre avec André Gruchet) avec un réveil à huit heures pour disputer les repêchages … Après toutes ces péripéties, inutile de préciser que je n’y étais déjà plus. Résultat, une cinquième place, synonyme de retour à la maison, après tout de même un intermède publicitaire au cours duquel Henry Anglade, qui était alors consultant TV, m’a interviewé pour me faire raconter mes mésaventures. En tous cas, je peux vous dire que cette histoire m’a durablement marqué : ces vexations endurées à Rome on fait que jamais plus je n’ai remis les pieds en Italie ! Jamais plus. »

 

« Après ce championnat du Monde, je devais participer à une tournée en U.R.S.S. avec l’équipe de France. Mais je travaillais en qualité de cadre au Crédit Chimique à Paris et mon employeur, devant ma demande d’un nouveau congé, m’a alors mis au pied du mur : « Soit le vélo, soit votre carrière. Il vous faut maintenant choisir ! »J’ai continué une saison, jusqu’à la triste histoire de l’édition 1969 du championnat de France que je vous ai conté plus haut. Là, j’ai choisi ma carrière. Et je n’ai pas eu à le regretter »

 

STAYER FR : « L’après-vélo s’est déroulé comment ? »

JOSEPH PHILIPPE : « En 1972, j’ai eu l’opportunité de revenir en Bretagne (où j’avais vécu jusqu’en 1954, avant de descendre sur Saint-Denis pour y suivre mes études) J’ai accompli ma carrière au Crédit Agricole, dont je suis devenu Directeur d’Agence, jusqu’à me retraite intervenue en 2000. Puis, pendant dix années, j’ai été administrateur au C.M.C.M. Prevadives, une fondation devenue depuis Harmonie Mutuelle. J’y ai œuvré jusqu’en 2014 »

 

STAYER FR : « Le vélo c’est donc fini, bien fini ? »

JOSEPH PHILIPPE : «  Aujourd’hui, je réside à Trélevern dans les Côtes d’Armor. Je n’ai plus de contact avec le monde du vélo, j’avais d’ailleurs coupé toute activité sportive jusqu’à mon départ en retraite. Maintenant, je suis impliqué dans tout ce qui touche au monde marin. J’encadre notamment à Perros-Guirrec les sessions de permis côtiers pour les plaisanciers »

 

STAYER FR : « Qu’avez-vous retenu de votre pratique du demi-fond  ? »

JOSEPH PHILIPPE : « Le demi-fond, à mon avis, c’est la discipline la plus spectaculaire de la piste. Une course de demi-fond bien menée, c’est vraiment captivant. Aucune autre discipline de la piste n’a ce « cachet »

 

« Pour ce qui me concerne, j’ai eu la chance de disposer, au contraire d’autres pistards, de l’endurance nécessaire à la pratique du demi-fond. Car que ce soit sur 50 km ou sur une heure, le demi-fond ça se court toujours « à bloc », in-ten-sé-ment …  »

 


Trélevern, Avril et Août 2018 - avec mes remerciements à Marc  Martinez et Joseph et Eliane Philippe

Patrick Police, pour STAYER FR

 

Aulnay-sous-Bois : à la lutte avec Jacques Marcellan, guidé par André Godest

Saint-Denis : derrière Victor Longue

Saint-Denis toujours, et toujours derrière Victor Longue

Sain-Denis, Georges Wambst, Joseph Philippe, René Godest, Jacques Marcellan

Saint-Denis, avec Victor Longue

A La Cipale, derrière Victor Longue

Aulnay-sous-Bois, derrière Victor Longue

Remise du Trophée BP en 1968, entouré du Président Frederich, du Président de la société BP, d'Alexis Blanc-Garin et x... (à gauche)


11/09/2018
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LE DEMI-FOND "NEW LOOK" ... IL Y A QUARANTE-SIX ANS !

 

Dans son édition de Novembre 1972, surfant sur la vague du  "Moto revival" du début des années 70, Cyclisme Magazine consacrait une page au demi-fond pour saluer l'arrivée des superbes Honda 350, destinées à magnifier les prestations des stayers sur le vélodrome couvert de Grenoble (le seul avec l'I.N.S.E.P. de Vincennes à l'époque)

 

Dans le ton employé dans cet article, on ressent bien le rêve un peu fou d'une résurrection du demi-fond, rêve qui - hélas - ne se réalisera pas.

 

Pas plus que nous ne reverrons sur les pistes ces belles motos, dont j'ignore à ce jour le sort (bien que je suis persuadé que des visiteurs pourraient nous apporter leur éclairage en la matière) et qui nous renvoient au cimetière des occasions gâchées de revitalisation de la piste en France.

 

Si quelque chose devait nous consoler dans la galère que vit cette année le demi-fond français, c'est qu'apparemment - qui en doutait ? - d'autres on connu de pareilles séquences bien avant nous.

 

Allez, on continue, on y croit, il le faut ...

 


 

Patrick Police - documentation François Bonnin

STAYER FR le 29 Mai 2018

 


29/05/2018
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HISTOIRE ET ROULEAU

 

 

Paris-Roubaix 1900 ... sur les véhicules d'entraînement, un coupe-vent et ... un rouleau !

Cette année-là, c'est d'ailleurs un stayer, Emile Bouhours, dit "Le Normand" , (quatre fois champion de France de demi-fond s'il vous plaît) qui remportera l'épreuve  légendaire.

 

 


12/11/2017
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