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DANS LE RETRO : DE BELLES HISTOIRES DE VELOS, DE MOTOS, DE DERNY


HISTOIRE ET ROULEAU

 

 

Paris-Roubaix 1900 ... sur les véhicules d'entraînement, un coupe-vent et ... un rouleau !

Cette année-là, c'est d'ailleurs un stayer, Emile Bouhours, dit "Le Normand" , (quatre fois champion de France de demi-fond s'il vous plaît) qui remportera l'épreuve  légendaire.

 

 


12/11/2017
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LE CAFE-RESTAURANT "AU STAYER" : ENIGME RESOLUE !

 Il existe à Paris, au 49 Boulevard Brune, un café-restaurant nommé "Au Stayer" ... Ca, vous le savez déjà, sauf si vous lisez STAYER FR en mode diagonal-fugitif.

 

Il y a de cela deux années, nous avions lancé une bouteille à la mer sur le site, pour en savoir plus sur l'histoire de cet établissement.

 

A la suite de mon article et celui de François Bonnin consacrés à Roger Queugnet, ce dernier s'est manifesté auprès de nous, pour nous donner la clé de l'énigme :

 

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 Roger QUEUGNET, après avoir eu connaissance de notre "bouteille à la mer", vient de nous contacter.

Et il nous livre la clé du mystère :

 " Le sujet qui te tracasse, ce foutu bistro, va enfin être résolu ! Ma mère, femme ardente et travailleuse, fit, alors qu'elle était en fin de gérance d'un café à Versailles, l'achat, conditionné d'une part par le très faible prix et la situation de ce café situé à l'angle du Boulevard Extérieur, avec la perspective d'un boulevard périphérique alors en prévision. Bien évidemment, elle y avait exposé de nombreux cadres et photos ..."

 

A notre connaissance, il s'agit du seul café ou restaurant faisant référence en France au monde du demi-fond dans son enseigne.  

Si vous avez des commentaires ou des informations complémentaires, n'hésitez pas à nous en faire part ...

 

 


24/01/2017
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L'EURO 53 : 63 ANS APRES, LE RETOUR DU CHAMPIONNAT D'EUROPE EN FRANCE

L’« EURO » de Demi-Fond en France 1953 -2016  

 Soixante-trois ans d’attente 

 

QUEUGNET  Roger HOLTZMANN Collection Etienne HAREL - Copie_crop - Copie_crop.jpg

 

 

Pour la première  fois depuis les championnats du monde 1989, la France accueille une épreuve officielle internationale avec entraînement motorisé,  l’occasion pour nous d’évoquer le critérium européen d’hiver 1953 disputé au Vel d’Hiv parisien, dernier championnat  continental (officieux) organisé dans l’hexagone. 

 

Ce rapprochement peut paraître audacieux dans la mesure où le championnat d’Europe dans sa version actuelle a été institué en 1995, après le retrait de  la spécialité du programme des championnats du monde. Cependant  les compétitions labellisées championnat ou critérium d’Europe s’inscrivent dans une chronologie historique (souvent méconnue) bien plus ancienne. 

Sans remonter à première époque (1896-1920) sous l’égide de la fédération cycliste allemande qui en assura la majorité des organisations, c’est en 1948, à l’initiative de l’association des directeurs de vélodromes d’hiver, que furent réinstaurées des compétitions européennes en demi-fond (entre autres disciplines de la piste : vitesse, américaine, omnium).  

 

Le  titre de champion d’Europe d’hiver (pour l’ensemble de ces mêmes épreuves), sera reconnu à dater  de la saison 1971-72, à la suite des réunions du  comité directeur de l’U.C.I. tenues  à Apeldoorn le 27 février 1971 puis à Varèse le 22 août 1971.Le rendez-vous hivernal du demi-fond européen se perpétua  jusqu’en 1991 et la série actuelle, rétablie en 1995 en est donc l’héritière.  

 

Le  Suisse Jacques Besson, entrainé par Georges Groslimund  inaugura le palmarès, à Zurich, le 2 janvier 1949 en enlevant la quatrième et dernière épreuve d’une compétition disputée par addition de points. 

Lui succédèrent , Raul Lesueur, derrière la moto de Maurice Jubi, en 1950 à Anvers, lauréat d’une finale directe entre les cinq champions nationaux (Belgique, France, Italie, Pays-Bas, Suisse)  et  après une interruption en 1951, le  Belge Adolphe Verschueren, associé à Maurice Ville, révélation de la saison 1951-52, en prélude à son premier sacre mondial de l’été. 

 

Et nous en arrivons à l’organisation 1953 confiée pour la première (et unique) fois à la France sur la piste du Palais des Sports de Grenelle. Le système de qualification pour la finale  accorda cette année-là trois places sur invitation aux coureurs étrangers, les champions nationaux Verschueren (Belgique) , également champion du monde et détenteur du trophée européen, Martino (Italie) et Besson (Suisse) et deux places pour le pays hôte attribuées au champion national d’hiver et au vainqueur  d’une course nationale qualificative. 

 

 

Souvent malchanceux au championnat de France, Roger Queugnet s’adjugeait le titre de champion d’hiver, le 7 décembre 1952 s’imposant devant Lemoine. Ainsi lui revenait en premier l’honneur de représenter les couleurs françaises pour le critérium d’Europe.  Puis, ce  fut l’éliminatoire française courue sur la distance de 50 kilomètres une semaine avant la finale, où, contre  toute attente, le duel annoncé  entre Godeau et Lemoine tourna court. Godeau, impérial malgré le handicap d’une épaule mal remise, ne permit jamais à son adversaire d’user de sa tactique favorite du « barrage » consistant à se laisser glisser en dernière position pour ensuite s’efforcer de faire décoller le leader. Le champion de France, pris de vitesse à son propre jeu se faisait doubler, et laissait Godeau filer vers la qualification en  dépit de la vaine opposition de Le Strat , Chardon et Solente, autres protagonistes de cette manche nationale.  

 

La finale, en cette soirée dominicale du 1er février 1953, devait  régaler le public parisien, le trio Verschueren-Godeau-Queugnet se livrant une lutte sans répit pour la conquête du  titre,  d’une  intensité rarement atteinte pour une ronde de 100 kilomètres. 

Verschueren , qui ne disposait pas de sa meilleure forme prit le contrôle au départ et produisit le maximum d’efforts pour contrer les multiples attaques de Godeau et Queugnet,  avant de s’incliner à la mi-course. Godeau passait alors en tête et semblait se diriger vers la victoire  finale, maîtrisant avec brio les contre-accélérations de Queugnet, tandis que Verschueren , éprouvé, perdait un tour et que Martino et Besson étaient hors des débats.  Le coureur suisse ne se signalait guère que par la course de barrage imposée par  Guérin à l’encontre de Maurice Ville, témoignant d’un contentieux de mauvais aloi entre entraîneurs. 

Malgré la facilité de Godeau,  Lavalade commit l’erreur de temporiser, laissant son coureur sous la menace de Queugnet et de ce  fait,  la réaction de Verschueren , amorcée après les 80 kilomètres allait anéantir les espoirs de « Popeye ». 

En effet , sur le point de de perdre un second tour, Verschueren, ressaisi,  imposait une épreuve de force à l’issue de laquelle Godeau, en perte d’équilibre en haut de la piste, frôlant la chute, décollait du rouleau.  Queugnet  surgissait  alors en tête pour la  première fois, et dès lors s’engageait dans une trajectoire triomphale, tracée avec intelligence par Auguste Wambst, pace-maker clairvoyant . 

Cependant, Verschueren ne  renonçait pas et poursuivant sa remontée; il reprenait le tour perdu  aux deux Français, pour  une fin de course splendide à la faveur de laquelle il soufflait la seconde place à un Godeau découragé, et revenait même dans le sillage du leader. Le dernier mot  restait malgré tout à Queugnet qui voyait ses efforts et son énergie récompensés de l’écharpe U.C.I.  venant après  la tricolore; il était décidemment  le stayer en forme de cette saison d’hiver. 

 

QUEUGNET  R  photo JM Le tailleur JML.jpg

 

Avant lui, parmi les gloires françaises du Demi-Fond,  trois coureurs,  s’étaient parés du titre européen à l’époque héroïque : Lucien Lesna (1896, 1898) ; Paul Guignard (1905, 1906, 1909, 1912) et Georges Sérès (1920) ; sans oublier bien sûr Raoul Lesueur (1950), déjà cité au titre des vélodromes d’hiver. 

 

Roger Queugnet était bien leur digne successeur et il demeure à ce jour le dernier stayer  Français titulaire de cette distinction qui n’était alors que semi-officielle.  

 

Ces lignes sont écrites à quelques semaines du grand  rendez-vous des premiers championnats d’Europe de cyclisme sur piste Elite au Vélodrome National de Saint-Quentin en Yvelines où les spécialistes du demi-fond retrouveront enfin les honneurs de figurer au programme  parmi toutes les disciplines de la piste. Et tout en souhaitant bonne chance, dans le meilleur esprit sportif, aux représentants de  nos voisins Européens, gageons que nos sélectionnés auront eu à cœur de se distinguer en cette soirée du 19 octobre, soixante-trois ans après la dernière organisation continentale du demi-fond sur un vélodrome français en s’inspirant peut-être de Roger Queugnet, leur dernier compatriote sacré champion d’Europe en cette circonstance. 

 

Ils confirmeraient  alors l’excellente  impression  produite sur la piste du vélodrome de Bordeaux-Lac lors de la toute  récente  finale du championnat  de France, qui a pleinement justifié le retour du demi-fond dans le giron des championnats élites sur piste.   

 

François BONNIN, pour STAYER FR

Photos Stayer Fr et J-M Letailleur

 

 

CRITERIUM D’EUROPE D’HIVER DE DEMI-FOND   1952-1953

 

ORGANISATION :   Association des Vélodromes d’hiver Européens  

Dotation : Au   1° :  50 000 francs -  Au 2° : 30 000 francs  -3° : 20 000   francs 

 

Sont qualifiés pour   la finale :  

Adolphe   Verschueren          Vainqueur   Critérium d’Europe 1952 - Dortmund (02/03 /1952) - (Entraineur : Maurice   Ville)   

                                             Champion   de Belgique - 1952 - Liège – Rocourt  (15/06/52)           "                   "       

                                             Champion   du Monde 1952  - Paris Parc des Princes (F.S.C Luxembourg)     "                   "       

Guiseppe   Martino                 Champion   d’Italie 1952  - Ferrara (14/09/52)    (Entraineur : Emile Van   Den Bosch)   

Jacques   Besson                   Champion   de Suisse 1952 -  (12/05/52)

Roger Queugnet                     Champion National d’hiver 1952-53 Paris - Vel d’Hiv (7/12/52) -  (Entraineur : Auguste  Wambst)    

Et le vainqueur de   l’épreuve qualificative réservée aux coureurs français. 

 

 

EPREUVE QUALIFICATIVE (Course   nationale)  - Paris Vélodrome d'hiver - Dimanche 25  janvier    1953 

 

1- (04) Roger Godeau  

Daniel   Lavalade 

 

50 km en 43'24"2/5 

2- (03) Ange Le Strat  

Adolphe   Laval 

 

à 120 m 

3- (05) Guy Solente 

Alexis   Blanc-Garin 

 

à 200 m 

4 -(02) Henri Lemoine 

Arthur   Pasquier 

 

à 1 tour 50 m 

5-(01) Roger Chardon  

Auguste   Wambst 

 

à 1 tour 125 m 

Ordre   des départs : Chardon, Lemoine, Le Strat, Godeau et Solente. Godeau remonte progressivement  vers la première place, et met   rapidement en échec la tentative de Lemoine de « faire le mur »  en le   doublant au trentième  kilomètre,  sans lui laisser le temps de se placer en   position d’arrêt. Installé comme leader, Godeau consolide sa position,    en  jugulant les multiples attaques de Le Strat et Chardon, ce   dernier occupant encore le second rang à dix tours de la fin. Solente joue alors sa   carte sur la fin de course sans toutefois réussir à menacer Godeau qui se   qualifie pour la grande finale européenne du dimanche suivant.   

 

 

FINALE  - Paris Vélodrome   d'hiver - Dimanche 1 février   1953        

  

NOTA   L’édition de L’EQUIPE du samedi 31 janvier indique Van Den Bosch comme   entraîneur de Martino et non Blanc-Garin comme mentionné sur le programme de   la réunion .  

1-(04) Roger Queugnet 

Auguste   Wambst 

FRANCE 

100 km en 1h 30' 

2-(02) Adolphe   Verschueren  

Maurice   Ville (FRA.) 

BELGIQUE 

à    70 m 

3-(01)  Roger Godeau  

Daniel   Lavalade 

FRANCE 

à  150 m 

4-(05) Guiseppe Martino  

Emile Van Den Bosch(BELG.) 

ITALIE 

à   3 tours 

NC- (03) Jacques   Besson 

Maurice   Guérin (FRA.) 

SUISSE 

Abandon 

La course : Godeau,   Verschueren, Besson, Queugnet  et Martino s’élancent selon l’ordre de départ fixé,  et,   dès la prise des entraîneurs, le duel s’engage entre  Godeau et   Verschueren, qui s’empare  du commandement. Le champion du monde subit   alors les attaques répétées de Godeau, puis à partir du trentième  kilomètre, de Queugnet. Eprouvé par les assauts des deux Français et aussi par la résistance de   Martino et surtout de Besson qu’il peine à doubler, en raison de   l’antagonisme entre les entraîneurs Guérin et Ville,  le Belge finit par   céder la première position à Godeau, suivi de Queugnet, à   la mi-course. Martino et Besson sont alors irrémédiablement distancés et la   course se réduit à une lutte à trois. Au soixantième kilomètre, Verschueren concède   un  tour  et Godeau, pédalant allègrement, repousse avec aisance   les tentatives  de débordement de Queugnet.   Mais mis en échec par la résistance que lui oppose, contre  toute   attente, Verschueren sur le point d’être à nouveau doublé, et placé en   difficulté le long des balustrades, Godeau décolle soudainement et Queugnet   toujours en embuscade, lui ravit la première  place. Cette action   décisive se situe à 36 tours de la fin et à partir de là Queugnet   mène avec détermination,  tandis que Godeau, démoralisé  perd  le contact. Par contre,   Verschueren poursuit sa remontée, se dédouble sur les deux tricolores, et   effectue une fin de course haletante, s’adjugeant la seconde place aux   dépens de Godeau, et venant même  inquiéter Queugnet,   malgré tout hors d’atteinte pour la victoire  finale. 

 

Principales Sources consultées : Le quotidien L’EQUIPE, l’hebdomadaire MIROIR-SPRINT, LE MONDE CYCLISTE, organe de l’UCI ,  les programmes du Vel d’Hiv des dimanche 25 janvier et 1 février 1953. 

 

Nota : pour toute reproduction -même partielle - de ce travail,

il devra être mentionné le nom des auteurs et du site internet STAYER FR

 


17/10/2016
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HISTOIRES DE STAYERS : PAUL DANGLA, TEL UN METEORE

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                                Paul DANGLA, tel un météore ...                                

 

 
Longiline, cet athlète au buste étroit mais aux cuisses longues et puissantes, a d'abord longtemps écumé les courses régionales de son Sud-Ouest. Excellent sprinter, il "monte" dès 1899 à Paris, pour y disputer le Grand Prix Cycliste. Il y remporte une série éliminatoire, et est un des bons sprinters du moment. 
Alors qu'il peine à "faire son trou" dans le monde de la vitesse, il découvre le demi-fond.
Très vite, il y excellera. En une saison, il devient le rival des Guignard, Robl, Dincketmann. Roi sur sa bonne piste de Semble à Agen,il était un des véritables espoirs du demi-fond français, l'un des rares à pousser dans leurs derniers retranchements, ou à les battre, d'aussi redoutables clients que les as américains du temps, Harry Elkes ou Robert Walthour.
Ce dernier, incontestable numéro 1 de la saison 1903, n'hésitera pas à le désigner comme l'adversaire le plus valeureux qu'il ait rencontré lors de son séjour victorieux en Europe. Un hommage qui démontre l'indiscutable valeur de Paul Dangla,  et le confirme meilleur stayer français.
 
Ses deux records de l'heure établis durant l'été et l'automne 1903 sur la piste du Parc des Princes consolident son statut.
La saison suivante, il se produit en Allemagne, triomphe d'abord à Cologne, puis à Dresde, avant d'affronter le gratin européen sur la piste de Magdebourg.
Drivé par le légendaire Marius Thé, il éparpille ce jour-là ses adversaires, dans une course de 75 kms où il ne trouve pas son maître. 
Mais, au soixante-dixième kilomètre, alors qu'il croisait avec plusieurs tours d'avance sur ses adversaires, un entraîneur surgi sur la piste devant l'équipage déboulant à pleine vitesse, pour se substituer sans prudence à la moto devenue défaillante de l'entraîneur de l'Allemand Demke.
C'est le choc, inévitable et épouvantable. Le grand espoir du demi-fond français gît en bord de piste dans un état pitoyable : jambe cassée en deux endroits, graves blessures à la tête et sur le corps. Immédiatement transporté à l'hôpital local, il y décèdera au terme de douze journées d'agonie.
 
Le demi-fond français vient de perdre en Paul Dangla, le champion sans titre, un de ses espoirs les plus prometteurs.  
 
Paul Dangla - né à Agen le 16 Janvier 1878 - décédé le 25 Juin, suite à l'accident survenu le 12 Juin 1904
 
Palmarès :
1899 PRO
1900

PISTE (vitesse)

G.P. Toulouse

2ème G.P. Midi (Perpignan)

2ème Internationale : Bordeaux

3ème G.P. Beauvais

 
1901

PISTE

G.P. Roanne (demi fond) 

G.P. Senlis, G.P.  Toulouse (vitesse)

2ème G.P. Angers,Vichy (vitesse)

2ème Saint-Nazaire; 3ème Roubaix  (vitesse) 

 
1902

PISTE

G.P. Montpellier,Trois heures de Leipzig (demi-fond), GP Angers, Saintes (vitesse); 2ème G.P. Anvers,Bayonne (vitesse)

2ème Tandem : Roubaix(Guignard); 2ème Reims, Roubaix (vitesse);  3ème Turin, 4é GP Bologne, Clermont (vitesse)

 
1903

PISTE (records et demi-fond)

Record du Monde del'Heure derrière moto le 16 Août au Parc des Princes à Paris : 81km 108

Record du Monde de l'Heure derrière moto le 18 Octobre au Parc des Princes à Paris : 84km 577

Record Cinquante kilomètres derrière moto 

Trois heures de Leipzig

2ème du championnat d' Europe,

2ème G.P. Conseil Général (Paris) 

3ème G.P. Cannes 

4ème G.P. Nice

 
1904

PISTE

Roue d'Or (Magdeburg)

4ème Vase d'Or (Fridenau)

 

Appendice :  Le vélodrome de La Palme à Agen fut rebaptisé Paul Dangla en 1965.

Après la destruction de celui-ci en 1965, un C.E.S. fut construit à sa place, qui porte également le nom de Paul Dangla.

 

 

Avec mes remerciements à Patrick ARDIN, qui a apporté l'essentiel des informations figurant dans ce travail


 

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12/03/2016
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IL A ETE UNE STAR DU CYCLO-CROSS : AUBERT WINSINGUES, LE PETER SAGAN DES SOUS-BOIS DANS LES ANNEES TRENTE

En cette période propice au cyclisme dans les labourés comme on ne dit plus, et compte-tenu du prochain cyclo-cross organisé ce dimanche à Lignières, je ne résiste pas au plaisir de remettre en ligne deux des articles les plus émouvants que j'ai eu à travailler pour notre site internet : ceux relatifs au champion roubaisien Aubert Winsingues, une sorte de Peter Sagan des sous-bois, dont la mort tragique a bouleversé en son temps le cyclisme nordiste et le cyclisme tout court ...

 

Le premier est un article de présentation de mon livre "L'épopée du cyclisme sur l'autodrome de Linas-Montlhéry"

Le second a été publié il y a quelques années de cela dans la version précédente de ce site, "Les Fondus du demi-fond"

 

Votre lecture et vos éventuels commentaires seront comme un hommage à ce fameux bonhomme ...

 


 

 

Aubert WINSINGUES … C'est un ange qui est passé sur l’autodrome ...

 

 

 

 

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Il est d’une adresse diabolique, adresse qu’il a pris l’habitude de peaufiner en défiant les lois de l’équilibre au gré des rails de tramway de l’agglomération Lilloise …. Dans son terroir nordiste, et même jusqu'en Belgique, la réputation de ce Roubaisien souple et racé n’est plus à faire … Il est bon routier, excellent pistard, cyclo - crossman supérieur.

 

Dès l’hiver 1931, il intrigue les observateurs parisiens, en remportant le championnat de France Interclubs de cyclo-cross sur le circuit cyclo-pédestre de l’autodrome de Linas-Montlhéry. Il  n’est donc plus tout à fait un inconnu pour le public parisien lorsque le 7  février 1932, il étrille le gratin européen du cyclo-cross lors du Critérium International cyclo - pédestre. A cette occasion, il chavire les foules et les chroniqueurs parisiens en étant le seul à franchir le redoutable  « Trou du Diable » à bicyclette. L’image passera à la postérité.   

 

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Quinze jours plus tard, il  réussit sur le circuit de l’autodrome, entre le virage du Gendarme  et le raccordement de Bailleau un nouveau hold-up sur le championnat de France Interclubs, avec ses camarades des Halles Sportives Lilloises. Une autre quinzaine de jours plus tard, Aubert Winsingues pousse dans ses derniers retranchements le superman de la spécialité, «  Le crocodile » Camille Foucaux, dans un homérique championnat de France disputé en Forêt de Fontainebleau. Oui, en cette année 1932, Aubert Winsingues est entré « dans la cour des grands ». Il va d’ailleurs étalonner et monnayer son talent sur épreuves nationales sur route et au gré des contrats sur piste auxquels sa renommée grandissante l’amène à prétendre.

  

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 Le dimanche 29 Mai, il n’est pas dans sa meilleure forme pour disputer le « Grand Prix des Comingmen » à Marcq-en-Bareuil, une épreuve derrière motocyclette. Sur l’anneau du Croisé Laroche, les manches se succèdent en carrousel vrombissant de cuir et d’acier. On tourne à quatre-vingt-kilomètres à l’heure, et davantage, dans le sillage des motos. C’est  la dernière manche. Aubert, l’enfant du pays,  se doit d’aller chercher la victoire pour son public. Il reste dix tours à accomplir.

 

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Un document : quelques minutes avant l'accident qui devait lui coûter la vie ...

 

Allez, il faut se faire à nouveau violence … Hurler à l’entraîneur à moto de monter en tours dans l’infernal tourniquet … Et malgré la lassitude, assurer le spectacle, en bon ouvrier … Accélérer, à s’en brouiller la vue, pour arriver à la hauteur de Marchetta et Bonney  au coude-à-coude.  Soudain,   Bonney  part en zig-zag,  après que la  formidable détonation d’un boyau qui éclate ait retenti. Il percute  Marchetta,   les entraîneurs à motos  chutant à leur tour …  Vite, Aubert doit, en une fraction de seconde, trouver le trou de souris à travers lequel il pourra s’infiltrer et éviter ainsi l’horrible choc. Il reste  un tout petit passage, en haut du virage … mais  étroit …  si étroit …  

A près de quatre-vingt-kilomètres à l’heure, Aubert Winsingues   percute, dans un vacarme épouvantable, la balustrade du virage …   

Emmené à l’hôpital de Lille Saint Sauveur. Il y arrive dans un état pitoyable : fractures du crâne et de l’épaule. Double Fracture de la mâchoire.  Aubert, l'archange du cyclo-cross, s’éteindra le mardi 31 Mai 1932.   Il n’enchantera plus de ses prouesses le circuit cyclo-pédestre de l’autodrome.  A vingt - six ans, il laisse  une veuve, un orphelin, et un cyclisme nordiste en deuil.

 

 

Ce texte a été réalisé pour la présentation du livre : L'épopée du cyclisme sur l'autodrome de Linas-Montlhéry

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 Ainsi que je vous l'ai annoncé dans l'éditorial, je tenais à ce que ce portrait d'Aubert WINSINGUES figure dans cette "édition de la renaissance". Plusieurs raisons à celà ! La première, ce fut le choc que constitua pour moi la découverte de l'existence de ce coureur, en parcourant le superbe ouvrage de Pascal SERGENT "Le Cyclisme Nordiste". Le charisme qui se dégage de la physionomie du coureur nordiste, l'aura des photos prises en course, la superbe de sa trajectoire, la tragédie qui la conclut, tout était réuni pour m'impressionner durablement ... Je vais tâcher de vous faire partager cette sensation. 

  

Aubert WINSINGUES est né le 24 Juillet 1906 à ROUBAIX. Il est le dernier d'une fratrie de huit enfants. Il va résider sa vie durant dans sa bonne ville de ROUBAIX, rue de Lille, au cour Tanchou,  lieu dit "Octroi de Roubaix". Marié à Jeanne BREYNE, ils auront un seul enfant, un fils, Roger, qui verra le jour le 12 Juillet 1929. " Faciès aimable mais sérieux. Des yeux intelligents, un corps d'athlète aux lignes pures ... Attentif, il avait, tout de suite, discerné sa voie. Travailleur, il avait conçu le plan des laborieux à l'esprit subtil. Coureur cycliste ? Sans doute, mais la carrière est encombrée et il voulait sortir, s'imposer, s'affirmer. Le cross cyclo-pédestre l'attira ... Il se mit au travail avec assiduité, son sérieux et son application portèrent rapidement leurs fruits ... "  Ainsi la presse de l'époque dépeint elle notre homme, qui, plombier de son métier, récoltera durant sa trop brève carrière près  de 200 victoires sur route.

 

Il cultive une adresse hors du commun en s'entrainant à courir sur les rails du tramway, sous les yeux admiratifs des Roubaisiens !  Excellent routier, très bon pistard, il est, comme beaucoup de ses pairs de l'époque, un touche-à-tout du cyclisme. En 1928, il se signale  en animant une échappée dans le Circuit Franco-Belge, où il donne des sueurs froides aux pros. En BELGIQUE, il est déjà considéré  comme un sérieux "comingmen", un futur bon ... Et quand il se mettra à écumer les régionales de cyclo-cross, ses performances dans cette spécialité lors de la saison 1929  vont attirer l'attention des connaisseurs. 

 

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La presse sportive nationale de l'époque, dès lors avisée, salue sa performance, lorsqu'il prend en Mars 1930 la troisième place du championnat de FRANCE de cross cyclo-pédestre,  derrière un autre Nordiste, son camarade Henri DECONINCK et l'intouchable Camille FOUCAUX. Elle indique que, avec une paire de coureurs pareils, le Nord apporte là deux hommes "d'excellente classe".

 

1931 sera la saison de la confirmation : le 24 Février,  il franchit le premier la ligne du championnat de France Inter Clubs  couru à MONTHLERY devant ... Henri DECONINCK. Succès pour leur club, les Halles Sportives Lilloises ...  Il termine ensuite 5ème du Championnat de FRANCE individuel. 

 

Et en 1932, il "explose" aux yeux du grand public :  il "bisse" aux interclubs, toujours devant son compère Henri DECONINCK.

Le Nord dispose désormais d'un sacré "carré d'as" : derrière WINSINGUES et DECONINCK, arrivent en effet deux "clients" : le Lillois André VANDERDONCKT (qui deviendra champion de FRANCE de cross cyclo-pédestre en 1933) et le lensois Charles VAAST, champion de FRANCE en 1934 de cette même spécialité et "Champion du Monde" 1939. Quelle extraordinaire génération !

 

Sa prestation du championnat de France interclubs a tant impressionné, qu'il est annoncé comme favori du Critérium International Cyclo-Pédestre ( qui constituait alors l'officieux championnat du Monde de la discipline) Et, le 7 Février 1932, Aubert WINSINGUES va définitivement forcer les portes de la gloire, et de quelle manière ! Il remporte en effet l'épreuve  en surclassement : départ à bloc en tête, descente  du fameux "Trou du Diable" à vélo (le seul à pouvoir réaliser cette prouesse), et pour finir, "explosion" du record de l'épreuve dans le temps de 44'42" ...       

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Ses concurrents sont abasourdis - les Belges et les Luxembourgeois surtout -, qui doivent se contenter des accessits. Aubert a même réussi à impressionner le maître de la spécialité, Camille FOUCAUX. La presse de l'époque décrit Aubert WINSINGUES comme un coureur "nerveux", "souple", "résistant", "adroit", un "véritable acrobate".   

 

Au championnat de FRANCE, disputé à FONTAINEBLEAU le 13 Mars 1932, il ne peut pourtant rien contre un Camille FOUCAUX assoiffé de revanche, mais non sans avoir emballé la course, l'avoir animée par des attaques répétées, et c'est seulement dans l'ascension finale de la côte pavée qui mène de La Table du Roi à la Table du Grand Maître, qu'il cède au terme d'une lutte farouche avec "le crocodile" FOUCAUX. Ce "combat des chefs" a enthousiasmé le public et la presse. 

 

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                            Ici à Fontainebleau lors du championnat de france derrière Camille FOUCAUX, il ajuste sa casquette

  

On le reconnaît dès lors comme un véritable espoir, et on lui prête en ce mois de Mars 1932  l'intention de s'aligner dans les grandes classiques réservées aux Indépendants : Paris-Evreux, Paris-Rouen, Paris-Reims ...

  

Par ailleurs, aux côtés des pros et au sein de l'équipe LUTETIA - WOLBER, avec notamment le champion nordiste Albert BARTHELEMY et de ... Henri DECONINCK, il participe au Critérium National, le premier du nom, puis à PARIS-ROUBAIX, où il récolte une belle "gamelle" qui lui vaudra les honneurs de la presse sportive.

  

L'avenir  s'annonce riche en promesses pour lui lorsqu'un évènement va bouleverser le cours de son existence.  En Mars 1932, est inauguré le vélodrome du Croisé-Laroche. Situé sur le territoire de MARCQ-EN-BAREUIL, à proximité de la capitale des FLANDRES, il est  l'outil espéré par tous les amateurs de cyclisme de l'agglomération de LILLE, ROUBAIX et TOURCOING. 

Aubert est l'un des premiers assidus à l'entrainement sur ce nouvel anneau. Henri WALLIEZ, ancien sprinter et directeur du Vélodrome du Croisé-Laroche  et le coureur Maurice BOUCHER, qui  regardent Aubert tourner sur la piste, vont être les instruments du destin.  Leur raisonnement est le suivant : le cyclisme sur route et sur piste est encombré, pas le demi-fond. Il faut, pour courir derrière motos, des qualités physiques, du sang froid, de l'intelligence, toutes qualités qui sont l'apanage d'Aubert.  Ainsi, Aubert WINSINGUES  va t-il être aiguillé sur cette voie dans laquelle il doit normalement briller, compte tenu de ses possibilités.  Le Dimanche 29 Mai 1932, son nom figure à l'affiche du "Grand Prix des Comingmen", où il doit affronter le Parisien Maurice BONNEY et l'Italien MARCHETTA.

  

La veille, il confie à un ami qu'il se sent en méforme et qu'il préfèrerait ne pas s'aligner au départ. Mais pour ne pas contrarier le Directeur du vélodrome, Henri WALLIEZ, il n'en fait rien paraître. Il va remporter la première manche, terminer second dans la deuxième, mais dix tours avant la fin de la  troisième, Aubert produit son effort et vient à la hauteur de BONNEY au moment où celui-ci passe MARCHETTA, dans la sortie du virage de la ligne d'arrivée. A ce moment, BONNEY crève, casse sa roue et, en culbutant, renverse MARCHETTA.  WINSINGUES en troisième position, tente de passer, mais heurte les balustrades.  Les trois entraineurs tombent également et une des motos vient faucher l'attirail du marqueur de tours.  Immédiatement, les trois coureurs sont amenés à l'infirmerie du vélodrome. BONNEY, qui a eu l'arcade sourcilière gauche ouverte, et MARCHETTA, victime de quelques brûlures sans gravité, se tirent bien de l'affaire, et repartent le soir même pour PARIS. Aubert lui est transporté à l'Hopital de LILLE Saint Sauveur, où il ne reprend pas connaissance.  Il  souffre d'une double  fracture à la mâchoire, de fractures du crâne et de l'épaule droite. Il est radiographié le lundi matin. Après avoir recouvré un court instant connaissance, juste le  temps de reconnaitre  sa femme et son fils Roger, il sombre dans le coma. L'opération du trepan n'est pas tentée par le Professeur LAMBRET.  

  

Aubert WINSINGUES meurt le Mardi 31 Mai 1932. Le NORD et la FRANCE ont perdu un coureur de classe, si  attachant et  plein de promesses.  

C'est une véritable foule qui l'accompagnera le vendredi 3 Juin 1932,  de l'église du Saint-Sépulcre à ROUBAIX jusqu' à sa dernière demeure, au cimetière Municipal. Le deuxième convoi prévu pour recueillir les fleurs et plaques n'est pas suffisant pour recevoir tous les témoignages apportés ce jour-là.

 

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Camille FOUCAUX, son adversaire valeureux, est venu spécialement de la région parisienne lui rendre un dernier hommage. Et bien sûr ses camarades Nordistes VAAST, VANDERDONCKT, DECONINCK, LENGAGNE,  BOUCHER suivent le convoi funèbre au milieu d'une foule respectueuse et recueillie ... Un ange est passé, qui n'aura même pas pu goûter son temps de gloire  ...

 

 

N'essayez pas aujourd'hui de retrouver l'emplacement de sa tombe. La concession en est  expirée. Il ne reste d' Aubert WINSINGUES que ces quelques émouvantes photos, témoins d'une existence trop brève et si tragiquement achevée.

 

Alors, ne gardons que le souvenir de ce coureur attachant, si plein de mordant et d'adresse, qui dévalait avec une habileté étourdissante le "Trou du Diable", et méditons, en nous attardant sur l'expression de ce visage plein d'intelligence et de mélancolie, sur l'injustice du sort, qui nous a privé trop tôt d'Aubert WINSINGUES, mort à l'aube de sa vingt-sixième année, en accomplissant son métier de coureur cycliste,  laissant après lui pour affronter l'existence une veuve et un fils de trois ans qui n'aura pas eu le temps de connaitre  son père ...

 

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Pour l'éternité cycliste, ce portrait, réalisé après sa disparition, des médailles et le glorieux maillot du Critérium International ...

 

Epilogue : Ce jour tragique de Mai 1932, son camarade Henri DECONINCK l'avait remplacé sur un contrat qu'Aubert lui avait demandé d'honorer à sa place ... Cette même année, quelques mois plus tard, Henri DECONINCK, l'autre grand espoir du cyclisme nordiste, télescope en course durant le Circuit de l' OUEST une voiture . Soigné à l'hôpital de BREST, il en ressort estropié. Le palmarès de cet autre grand espoir s'arrêtera à l'année 1932, lui aussi ...

 

 


 

 

  

Je remercie tout spécialement Mr Philippe WINSINGUES son petit-fils, qui m'a ouvert largement l'album de photos familial.

Je remercie aussi  Bernard  DECONINCK, le fils du camarade d'Aubert, le champion nordiste Henri DECONINCK; Pascal SERGENT, pour avoir écrit  l'ouvrage qui a été le point de départ de ce sujet;  Etienne HAREL, qui a été un intermédiaire essentiel   ...

 

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14/01/2016
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