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DERRIERE LES MOTOS : ACTUALITES

Les épreuves de demi-fond de l'année


UN STAYER FRANCAIS A BERLIN

Deux belles images en couleur du pays où le demi-fond est roi.

 

Une présence française à Berlin, où, mine de rien, Emilien Clère mène la ronde, ç'est bon pour le présent et l'avenir du demi-fond tricolore.

 

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15/12/2019
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LE DEMI-FOND DANS LA PRESSE : UN ARTICLE QUI FAIT DATE DANS LE DERNIER VELO MAGAZINE

 

 A ne surtout pas manquer ce superbe article de dix pages, paru ce matin dans le dernier Vélo Magazine, qui vient en cette fin d'année 2019 comme une récompense pour le travail prodigué au cours de cet exercice par l'Association FRANCE DEMI-FOND et le site STAYER FR

 

Lorsque l'on songe  que cela fait - sauf erreur de ma part- plus de trente ans qu'un magazine spécialisé (Cyclisme International dans les années quatre vingt-dix) n'a pas ouvert ses colonnes à la spécialité, cela réchauffe le cœur, tout en apportant l'eau qu'il faut au moulin du demi-fond.

 

Une mention spéciale donc à Vélo Magazine et à son rédac'chef Gilles Comte, qui a su trouver les mots justes et puissants pour parler de cette spécialité... "à part"

 
A lire, diffuser sans modération et faire partager sans modération... 

 

 

 

 

 

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31/10/2019
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HOMMAGE DE STAYER FR A JEAN COURT : SUITE ET FIN

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Depuis que le cyclisme existe, le demi-fond a toujours eu une gestion particulière, dans laquelle l’influence et la qualité des entraîneurs a toujours revêtu une grande importance…

 

 Pour être entraîneur, il suffisait alors de posséder une moto d’entraînement , de savoir la conduire, et de convaincre un coureur de vouloir pédaler derrière soi…

 

Bien sûr, les motos étaient particulières :  il s’agissait d’un assemblage tubulaire dans lequel était placé un moteur d’avion…. Ces motos étaient de trois origine : BAC, ANZANI et MEYER...

 

Les entraîneurs constituaient une « tribu » assez pittoresque… En parallèle existaient quelques « consortiums » qui utilisaient le plus souvent les motos dites « commerciales » (cf. les « Diables Bleus de Coueron » et le « consortium » de la Piste Municipale de Vincennes, chère aux frères Longue (Maurice et Victor), qui utilisaient des motos de marque René Gllet, avec la position dite « debout »…

 

 Dans les années cinquante, en 1956 plus précisément,  la Direction du Vélodrome du Parc des Princes prit l’initiative d’acheter douze motos de marque B.S.A et d’en confier les modifications à Dainel Lavalade.  L’ère des moyennes motos (position debout) était arrivée. (Jean Court à cette époque,  assistait Victor Linart et Georges Paillard, deux légendes devenues juges-arbitre du demi-fond aux championnats du monde).  

 

Après  la destruction   du vélodrome du Parc des Princes en 1968,  la direction devait se débarrasser de tout le matériel existant : motos, bien sûr, mais aussi les costumes des entraineurs.

 

Jacques Lohmuller, alors chef des services techniques et sportifs du Tour de France proposa à ses amis de récupérer les motos moyennant finance et, parallèlement, de créer l’association «  Le Guidon d’ Or de France ». Cette dernière étant placée sous la présidence d’ Antonin Dalous, Jacques Lohmuller en étant le Directeur Technique.

 

Une école de Demi – Fond fût crée à La Cipale en 1968  : Jean Court y est en activité, jusqu’à la fin des années 60... C’est   une époque d’espérance, au cours de laquelle on peut croire en une relance de la discipline... 

 

A partir de 1968, Jean Court est nommé Commissaire International, et Arbitre des épreuves de Demi-Fond des Championnats du Monde, parenthèse qui va durer trois ou quatre années... Et nous arrivons en 1971. Alexis Blanc-Garin, ancien stayer puis pacemaker de qualité,  avait cessé ses activités d’entraineur, après avoir  pris sa retraite d’artisan. Suite à une entrevue avec Richard Marillier, Alexis Blanc-Garin se voit confiée la gestion du Demi-Fond.

 

De grands  espoirs sont dès lors fondés… Las,  Alexis Blanc-Garin meurt le 13 Août 1973, à l’âge de soixnte-dix ans, des suites d’une crise cardiaque …. Le Demi-Fond, une nouvelle fois, est livré à lui-même…

 

Quelques années plus tard, contre toute attente, l’ U.C.I va estimer que la présence d’un Arbitre au championnat du Monde de la spécialité n’est plus utile . Elle considère implicitement que le premier commissaire venu est capable d’assumer cette fonction. Ce fût à nouveau la catastrophe : les abus, les excès des uns (les entraineurs) et la méconnaissance du sujet des autres ( les Commissaires et le Comité Directeur de l’U.C.I) (par exemple, le championnat du Monde à Rocourt en Belgique en 1975, gagné par Gaby Mineboo et son entraîneur Bruno Walrave qui dix fois auraient dû être déclassés au cours de la finale…) vont à nouveau provoquer une dégradation de la discipline, le point d’orgue étant sa suppression pure et simple du programme des championnats du Monde, mais nous y reviendrons plus loin…

 

Nous arrivons en 1982… Richard MARILLIER a été remplacé, dans la  mouvance des changements politiques intervenus en 1981, par Lucien Bailly, qui devient le nouveau Directeur Technique National à la Fédération Française de Cyclisme. Et, ce qui va rendre remarquable son action, pour nous les amoureux du demi – fond,  c’est, que chose unique à ma connaissance,  il va placer cette spécialité du cyclisme au premier plan de ses priorités.

 

A l’instigation de l’entraineur Claude Larcher, il est décidé l’achat de douze nouvelles motos, les BSA étant devenues vétustes... Mais il fallait construire ces dernières... Dès lors,  l’on fit alors appel à Jean Court.

 

Une fois les motos construites lors d’une conversation à bâtons rompus, Lucien Bailly bavardant avec l’ ami Jean lui parla de sa vision de l’avenir de la discipline… Jean Court lui fit observer qu’il n’avait été sollicité que pour « rendre service » dans le cadre de la réalisation des machines, et non pas dans la perspective d’une participation à une action de rénovation du Demi-Fond (en clair : pour s’occuper de la discipline)… Et Lucien Bailly de poursuivre : « Certes, je ne l’ai pas fait, mais je vais le faire ».

 

En même temps que l’acquisition par la F.F.C. de douze motos Yamaha 650 SX, on achète un même nombre de costumes d’entraineurs, et  dix cadres de vélo de stayer.

 

A nouveau, s’ouvre une période d’espoir : Motos, Costumes, Budget ……

 

Après le retour du demi – fond au sein de la semaine fédérale, un véritable travail d’investigation est engagé auprès des Comités pour mobiliser les organisateurs, susciter des vocations d’entraineur et battre le rappel des candidats – coursier …

 

Bref, c’est un véritable plan de relance …

 

Les buts de ce plan ambitieux sont les suivants :

-        détection des entraineurs et coureurs candidats

-        formation des entraineurs et coureurs candidats

-        préparation poussée de ces entraineurs et coureurs candidats en vue de les rendre compétitifs face à leurs homologues européens

 

Sous la responsabilité et l’impulsion de Jean Court,  ce programme est mis en action.

 

Le Demi – Fond semble remis sur les rails… Des  séminaires de formation pour coureurs et entraineurs sont organisés, des quels sortiront Michel Barrault, Marc Pacheco, Joël Lacroix, François Toscano… )  Des coureurs   de qualité se révèlent (le plus bel exemple de cette politique étant Gérard Simmonot et Serge Crottier-Combe, qui se révèleront stayers de classe internationale).

 

Un calendrier d’épreuves conséquent   et suivi est désormais en place …

 

Mais cette dynamique va vite s’essoufler, et les nuages vont peu à peu s’amonceller .

 

Nous arrivons aux  années quatre-vingt-dix : un vent de folie va souffler sur le monde du vélo, vent de folie dont les effets malsains se font encore ressentir (et comment !) de nos jours …

 

Après le temps de la mesquineries, vient celui de l’hostilité.  1992 : à l’époque de  la Présidence Verbruggen, avec en ligne de mire les Jeux Olympiques d’ Atlanta, on va décrèter, comme çela, par le seul fait du prince,  « l’urgence » de la suppression du programme des championnats du Monde du Tandem et du Demi-Fond… Le prétexte ? Le caractère « archaïque » de la discipline.  Et avec un unanimisme qui laisse pantois, toute la famille cycliste, presse spécialisée y compris, va s’empresser d’ emboîter  le pas…

 

En fait, sans doute confronté à de nombreuses pressions, le D.T.N  avait dû  successivement réduire les budgets. Puis, avec l’arrivée du Président Daniel Baal, (qui n’avait sûrement pas de chantiers plus urgents  à ce moment) sous l’effet d’une « dynamique »  purement moutonnière, on va  supprimer purement et simplement ce qu’il en restait, et pour faire bonne mesure,   « passer à la trappe » le championnat de France de Demi-Fond.

 

Ces équipes dirigeantes ont par conséquent passé par perte et profit un pan entier de l’histoire du cyclisme sur piste, au nom au nom du « modernisme »… Le demi-fond, le tamdem par la même occasion, sont sacrifiés sur l’autel du « veau d’or ».

 

«  D’un trait de plume » comme se plait à le dire et le souligner alors JEAN COURT, on a donc décidé de rayer le demi – fond de la carte…    Exit les stayers …

 

De tous temps plus ou moins ostracisé, le Demi-Fond devient dès lors une sorte de S.D.F de la « famille » du cyclisme …

 

Et c’est à ce moment que l’action de coordination, d’orchestration des énergies de tous menée par Jean Court va prendre un tour que je considère décisif pour la sauvegarde de la discipline (on n’en est plus à parler de développement… Que 1982 paraît  loin alors !  …) .

 

Jean Court va se battre, de toutes ses forces, avec pugnacité, patience, obstination contre cette logique d’abandon et de destruction…

 

Aux arguments, bons, mauvais, sincères ou fallacieux qu’on lui oppose alors, il martèle obstinément le même discours : le Demi – Fond est une spécialité historique, glorieuse même, du cyclisme, dans lequel elle a toute sa place... Pas question de décréter sa fin ! La Fédération se doit bien, statutairement,  de mettre en valeur toutes les formes du cyclisme, non ?

 

Progressivement mise à l’index… Peu à peu asphixiée… Ecartée de la Semaine Fédérale… La fin semble proche…

 

Et pourtant,  des coureurs vont vouloir  continuer à tourner sur les vélodromes derrière une moto… Des entraineurs entêtés de même… Et des organisateurs persévérer dans leur volonté d’organiser  des réunions avec des courses derrière motos à leur programme …

 

Les «  oukazes »   administratifs, les manœuvres, les mesquineries ne peuvent rien y faire... Il ne suffit pas de vouloir puis de décréter une mort… Celle-ci doit être constatée, sinon, elle n’a pas de réalité… Et en lieu et place de cette « fin » escomptée, souhaitée, force est de constater que la bête a la peau dure et qu’elle veut vivre coûte que coûte …

 

De nouvelles générations de coureurs et d’entraineurs amateurs, faisant fi des préjugés de leurs ainés, s’essaient aux courses derrière moto, et même  des coureurs professionnel...

 

Car un calendrier de réunions étoffé se reconstitue peu à peu, à faire pâlir de jalousie les autres familles de la piste … Avec comme acteurs, des coureurs de toutes générations,  et de valeur grandissante de surcroît, des entraineurs du même métal, et un public qui bien souvent est au rendez-vous …

 

Le demi – Fond devait être rayé d’un trait de plume. Mais pas de chance pour ses liquidateurs, il continue de vivre, et plutôt bien ma foi !!!

 

Ce bilan inespéré, eu égard aux périls et obstacles surmontés, on le doit à l’action pugnace de Jean Court, qui s’est battu pour ce qu’il croyait et savait juste, et qui a vu ainsi, (et c’est un plaisir de gourmet au vu de ces circonstances), les évènements et les faits lui donner raison, et ce malgré les rudes coups portés à une discipline qu’il aura servi, aimé et sauvé, tout simplement, n’ayons pas peur des mots ….

 

Bien sûr, le chantier des initiatives à entreprendre reste vaste …. Moins tout de même qu’en 1982, mais il reste du travail à faire, et comment !

 

Consolider ce qui a été fait …. Parachever le travail de vingt cinq années mené inlassablement par l’ami Jean …. Défendre la discipline contre les mauvais coups que l’on voudrait encore lui porter …. La développer autant que faire se pourra … Ce sera désormais tout le travail d’ Hervé DAGORNE, son successeur …

 

 Nous lui souhaitons tous pleine réussite dans cette entreprise… Parce qu’il faut que  des passionnés, sur et autour des pistes,  puissent encore vivre  la grande aventure du demi-fond et écrire de belles pages sur le livre d’or de sa légende…

 

 

Et à Jean Court, l’homme qui a sauvé le demi – fond en France, nous souhaitons une retraite heureuse, avec nos remerciements pour son action au service du demi-fond, qui aura toujours nous le savons, et à côté de son cher TOUR DE France, une place dans son cœur …

 


 Jean Court et Patrick Police

Décembre 2007


22/09/2019
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LA DISPARITION DE JEAN COURT : HOMMAGE A CE GRAND SERVITEUR DU DEMI-FOND

Jean Court nous a quittés. STAYER FR se devait de lui rendre hommage.

 

Car sans lui, le demi-fond français  n'aurait jamais traversé le vingt-et-unième siècle, tout simplement.

 

Personnellement, nos chemins s'étaient séparés il y a quelques années. Pour autant, jamais je n'oublierai la confiance dont il m'honora à priori, et le fait qu'il m'a permis de me consacrer corps et âme à ma passion.

 

Je laisse Marc Pacheco lui rendre le plus bel hommage qui soit.

 

Cet hommage,  je vous invite à le lire de la première à la dernière ligne, absolument.

 

Patrick POLICE

pour STAYER FR

 

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Ici sur le vélodrome du Blanc avec Michel Meunier,

le vice-président de France Demi-Fond


 

Jean Court n’est plus !!!

 

 

Des ‘’gens courent’’ encore,  grâce à lui, et à lui seul !

 

Ces gens ce sont ses ‘’stayers’’… « Le stayer, c’est le coureur » se plaisait-il à corriger sans complaisance - et même avec mépris - celui qui inversait les rôles avec le pilote ’’entraîneur’’ sur la moto !!  (C’était Jean !!).

 

A lui seul… ai-je écrit, voyez pourquoi jusqu’au bout de mon éloge.

 

Oui Jean Court c’était ça, un personnage brut de paroles, souvent controversé pour ses idées et positions, sans partages mais souvent justes,  de par sa connaissance du cyclisme sur le bout des doigts, et sa connaissance des hommes.

 

Dix-sept  Tours de France  comme commissaire dont quatorze  en tant que Président du Jury !!… Ça  vous situe un homme dans le milieu cycliste ! Patron du Tour donc avec son ami Félix Lévitan qu’il citait souvent dans ses longues histoires de vélo.

 

Dix-sept Tours oui, mais surtout un demi siècle et demi sur toutes les routes de France et de Navarre pour la même chose, mais aussi au bord des vélodromes pour les courses de 6 Jours, les championnats de France, Europe, Monde et… les courses de demi-fond !!

 

Certes il n’a jamais enfourché un vélo de compétition, mais le petit gamin qui habitait à deux pas de la Cipale s’y rendait à pied et parfois en cachette, au dépens de l’école, pour assister aux entraînements et courses des vedettes des années 35 et après le conflit mondial ou il a retrouvé ses idoles ainsi qu’au Parc des Princes, célèbre piste de l’époque également, car il nous racontait qu’il y avait les gars de la Cipale et les gars du Parc et le béton chauffait les jours de course !!

 

La suite de sa vie, pour lui le comptable en chef aux ‘’Hospices Civils de Paris’’, n’a été que d’être surtout le personnage dans le cyclisme craint, mais aussi aimé  ‘’par ceux qui étaient honnêtes’’ (c’est de lui)…..‘’ les hypocrites, les profiteurs, les menteurs et… les cons…dehors ’’ (c’est de lui !!)

 

Il n’a pas voulu que son décès soit divulgué avant son enterrement… pourquoi ? Je suis sûr qu’il ne voulait pas d’hypocrites et de m’as-tu-vu vers son cercueil, sachant pertinemment et connaissant aussi ceux qui saurait garder le souvenir de leur ami disparu.

 

 Il n’a donc pas assisté à 91 ans au dernier Championnat de France de demi-fond à Lyon samedi 14 pour lequel je lui ai envoyé un mail lundi resté pour moi bizarrement sans réponse… inhabituel… et pour cause malheureusement. Il n’était pas présent… si… si si, il était là… là-haut !

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Je ne suis pas de ces croyants qui vont à la messe, ma messe, c’est le demi-fond, comme lui ! Mais je ne peux m’empêcher de croire qu’il y a des choses ou des signes qui ne trompent pas !

 

Tous les connaisseurs me disent que j’ai fait un championnat parfait, avec et pour mon coureur. Je sais maintenant pourquoi... Il était là… après avoir retrouvé là-haut son pote Michel Barrault, le Poitevin entraineur de génie, mon modèle et seul sur les motos à m’avoir conseillé ; retrouvé aussi son ami intime de toujours le lyonnais Georges Preveral.

 

Le ciel était immaculément bleu, un beau balcon où je les vois tous les trois vouloir se régaler d’un spectacle dont ils ont toujours raffolé, et notre Jean leur dire : ‘’Eh Michel, Jojo, regardez le môme ! ’’.

 

Oui il m’a toujours appelé "Môme", de toujours… c’est depuis la fin des années soixante. Le petit cadet puis junior Marc Pacheco, par passion du vélo et de la piste, fréquentait assidument à la Cipale les jeudis populaires (puis les mercredis au changement du congé scolaire ensuite), mais aussi les épreuves d’encadrement des arrivées de grandes courses pros de l’époque à la Cipale (le vélodrome du Parc des Princes étant détruit) comme Les Boucles de la Seine, Bordeaux Paris, le Grand de Paris Prix de vitesse, La Roue d’Or ou de… demi-fond, etc etc...

 

Ce gamin que j’étais, sent une main tapotant sur son épaule un jour de course; il lève la tête et dit :

« Bonjour M’sieur le commissaire’’ (Jean Court en personne... !!!), timidement dit donc, mais flatté de ce sourire rare et de ce qui suit !

« Tu viens d’où môme ( môme 1ère !!) en vélo avec ton sac à dos et ton vélo de piste sur l’épaule ?? »

«  De Vélizy M’sieu’,  à coté de Versailles »

« Je sais où c’est Vélizy môme, mais tu as fait vingt bornes avec la descente sur Sèvres, les Boulevards Extérieurs (le périph n’existait pas) avec une main sur le guidon et un frein !!??? »

« Oui M’sieu’ »

« Toi, t’adores la piste... »

« Oui M’sieu’ ! »

« Et tu aimes quoi sur la piste, parce que je t’ai déjà repéré pour quelque chose... »’

« Ben M’sieu’, mon éducateur Michel Scob est Champion de France de demi-fond, j’aime bien que ça roule vite avec du bruit »

« Oui j’ai vu que tu te démerdais toujours pour pousser un coureur au départ… sans me l’avoir demandé !! »

« Ben pardon M’sieu’ »

« C’est bon môme tu pousses, t’es pas une grignette alors je t’ai laissée faire… mais tu me promets de faire du demi-fond plus tard ? »

« Ah oui M’sieu’… »

« Et de monter sur les motos ensuite ? »

« Ben… si j’peux M’sieu’ »

« Viens me voir quand on met les coureurs en place »

« Oui M’sieu’’… » Poli le gamin, merci papa et maman ! Mais surtout impressionné !

 

Une heure plus tard

« J’suis là M’sieu’ »

« Aujourd’hui tu pousses le dernier…, le numéro 1 ! Allez va au bout là bas ! »

« Mais M’sieu’, c’est lecChampion du Monde !!!!!!!!!! »

« Oui et alors ? Tu pousses fort et tu cours comme d’habitude ! »

 

Houlala quel cadeau … le cœur à 200, c’était bibi pas le coureur !…

Théo Vershueren, le Belge (à qui j’ai raconté cette histoire il ya cinq ou six ans environ !). Ma larme à l’œil, ce n’était pas de la sueur je vous l’assure, et Jean Court un père Noël avant la date !!

 

Quelques années plus tard quand Jean a su que son ‘’Jojo’’ Preveral m’avait fortement demandé de débuter en demi-fond derrière la moto, il a, je sais, apprécié l’engagement tenu par ‘’le môme’’.

 

Quelques années bien plus tard, à trente-six ans, après quelques modestes victoires régionales derrière le rouleau, et surtout la dernière pour ma dernière compétition à Grenoble le 6 décembre, il ne m’a pas loupé le Jean Court… «  Tu montes de suite sur une moto, tu en a chié derrière, tu sais ce que c’est, alors gardes ces sensations de suite, tu seras le roi de la poignée et tu sauras soigner ton coureur ! »

 

Si vite dit, si vite fait… Le 15 janvier je montais sur une des Honda du Vel d’Hiv grenoblois, et je gagnais avec Michel Meunier comme coureur. Pas aussi relax que maintenant, un peu crispé parce que ‘’Commencer à Grenoble…. !! Pas facile comme piste avec ses 210,52 mètres et ses petits virages’’ m’avouera-t-il plus tard avec satisfaction.

 

C’était parti, et bien parti.

 

Un peu plus tard dans la saison… Coup de fil… « Je te donne deux motos à Lyon pour préparer Crottier-Combe et pour former des mecs môme, n’oublies pas ça surtout… » (Jean : à ce jour j’en suis à vingt-six et quelques entraîneurs ! ).

 

Alors tous ses mots me résonnent dans la tête, « Fais comme ci… Fais pas comme ça »

 

Du coup ça me ramène plus haut dans le texte…..Barrault/Court/Preveral au balcon du Championnat et son ‘’Regardez le môme ! ’’

 

Et bien oui, je lui dois tout ce que je suis en demi-fond, avec en plus des conseils de Barrault (les seuls d’un entraîneur qu’on m’ait donnés) et des encouragements de Preveral dans ses nombreuses organisations lyonnaises.

 

Alors l’article sur le championnat dans ‘’Stayer.fr’’ qui me flatte de superlatifs avantageux, c’est Jean Court qui me les a inculqués et répétés souvent. Je site et commente :

A soixante-huit ans Marc Pacheco reste bien :

Le Maestro de la manette…… (relisez plus haut ce qu’il m’avait prédit)

Le Grand Sachem de la protection de son coureur (relisez plus haut ce qu’il m’avait prédit)

Le Prince des trajectoires… (il m’avait imposé de suivre en moto Bruno Walrave au cours des championnats du Monde a Lyon pour copier les bonnes trajectoires du Maître)

Le Manitou des turbulences ... (Il m’avait  dit de rallonger un adversaire mais « Oh gamin pas tout le monde systématiquement… Faut choisir l’adversaire à faire exploser selon ton placement !!) »

Le Machiavel de la course d’attente… (« Sois toujours patient môme… Arrêtes la course quand tu es devant, au lieu de carburer à bloc parce que tu as un avion au rouleau… C’est une course de vélo, pas une course de moto !! »)

Le Vénérable à audiencer pour ses recettes pas piquées des vers à utiliser en course… (Ce sont les siennes… bien apprises…)

 

Je passais donc un nouvel examen sous ses yeux et son sourire satisfait des leçons bien retenues.

‘’Champion de France c’est bien, mais faut repartir a zéro môme… Bosse, roule seul aussi, car la moto c’est tout un art et on perd vite ses repères… Fait tes gammes sans cesse…’’

 

Mais Jean Court aussi dur qu’il pouvait l’être,  aussi bon l’était-il.

Il ne favorisait pas il récompensait !!

Evidemment il ne fallait pas dévier de la ligne proposée !!

 

L’autre personnage inconnu de beaucoup, c’est le patriarche et bon bonhomme, pas avare du tout !

Au retour d’une course ou avant d’y aller… Par exemple ‘’ Restes manger môme, Mme Court se fera un plaisir ’’ ou ‘’ Restes dormir môme, il est trop tard pour rentrer à Lyon ’’

 

La maison en bord de Marne pas loin des guinguettes encore vivantes, à quinze  minutes de la Cipale était un chaleureux havre d’accueil.

 

En entrant par le garage l’odeur des costumes de cuir pendus nous saisissait, passage obligé par son bureau sans décoration outrageuse de son immense carrière dans le milieu… Puis direction le premier étage, son orgueil : son sol carrelé ‘’ Par un rital et avec du rital ’’ disait-il avec fierté… Et c’était vrai, vu la qualité de la faïence et le goût quant au choix des carreaux… Chapeau !

 

Ses innombrables récits sur tout le cyclisme étaient passionnants à écouter, même si parfois on entendait plusieurs fois la même histoire, ses mots exprimaient toujours une passion sans limite.

 

Je répète que si ‘’ Les gens courent ’’, c’est grâce à lui, car faire mettre en service des motos Yamaha neuves en pleine période où les instances tiraient à boulets rouges… que dis-je… à la bombe atomique sur  le demi-fond… Il fallait être fort… Très fort !!

 

Avoir porté à bout de bras cette spécialité…. Merci Jean, l’héritage est en bonne santé…

Nous faisons de notre mieux, enfin reconnus par la F.F.C. avec France Demi-Fond.

 

Alors ‘’ M’sieu’ Court ’’ profitez bien là haut avec Michel, Georges et tous les stayers que   vous avez retrouvés, ainsi que les Anquetil et autres Bobet, Koblet, Coppi etc…

 

On vous rejoindra un jour et vous raconterai encore et encore vos épopées cyclistes si nombreuses !

 

MERCI M’SIEU’… Au nom de tous… enfin presque tous, pour penser comme vous !!

 

A mon père spirituel, mon mentor, mon bienfaiteur du demi-fond

Marc Pacheco

 


 


20/09/2019
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LE CHAMPIONNAT DE FRANCE DE DEMI-FOND 2019 A LYON : LA GALERIE PHOTO DE PATRICK POLICE ET PHILIPPE PRADIER

 

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18/09/2019
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