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CHAMPIONNAT DE FRANCE 2013 A DIJON 2013 : la symphonie en 66 x 16

 

 

Dijon – vélodrome municipal – samedi 15 Juin 2013

 

« Symphonie en 66 x 16 »

 

 

 

 

 

Franc soleil sur la ville au lever, gage d’une journée réussie,  ce qui n’était pas gagné compte tenu des précipitations tombées dans la région ces derniers temps ! L’hypothèque météo levée,  les gradins du cher anneau Montmuzard se garnissent tout naturellement.  


photo Vio

 

Et en début d’après-midi, force est de reconnaître que l’endroit  affiche une belle affluence, telle qu’on n’en a pas vu depuis longtemps de mémoire de Dijonnais. La publicité faite autour de l’évènement témoigne des efforts méritoires – et récompensés - de l’équipe organisatrice du S.C.O Dijon. Il faut dire que l’exposition Jean-Claude Rude, préparée de main de maître par Patrick Police (vous inquiétez pas pour mes chevilles) a contribué - et pas qu’un peu - à l’animation des tribunes  (si je me fais pas de pub’, qui m’en fera ?)

 


photo Didier Guérin 

 

Pour ce "France" 2013, on savait Benoît Daeninck venu pour défendre son titre, il l’avait  clamé tous azimuts. Le meilleur routier amateur de la saison sera donc le favori, aucun doute à ce sujet.

David Derepas, pour sa part, est le challenger numéro 1. Il sera forcément prêt pour l’évènement, tout comme Emilien Clère,  dont personne n'ignore le  rêve de  tricolore. A ces prétendants, ajoutons Antoine Gorichon, valeur montante du demi-fond, qui s’est préparé sérieusement pour l’évènement. Il porte beau, mais il endosse la pression propre au « local ».

 

Par ailleurs, l’on est curieux de voir les Rhône-Alpins Alexandre Paccalet et Valentin Jury à l’œuvre, car lors de la réunion de Dijon l’automne dernier, ils avaient fait des débuts prometteurs. Enfin, il nous tarde  de vérifier sur pièces la forme d’Antoine Gaudillat, revenu tout exprès de Grande-Bretagne pour l’occasion.

 

En 2012, Benoît Daeninck avait assommé l’opposition d’entrée, en appliquant la méthode de l’homme fort : départ assassin, tempo intenable, pression jamais relâchée sur les adversaires. Cette année, force est de constater qu'il aura adopté une version   « light » de cette méthode.

 

Alors qu’à Commentry, il était parti à l’abordage avant même d’avoir capté le sillage de son entraîneur, à Dijon il a attendu d’être fermement arrimé à André Deraet pour faire parler les watts. Mais à ce moment-là, le public (nombreux) aura été régalé d’une séquence puissante, au terme de laquelle l’infernale cadence du Picard brisa net toute résistance. Au terme de dix tours sidéraux, Benoît Daeninck avait mis toute la meute à un tour et plus ! 


photo Didier Guérin

 

Dans le ressac de cette violente entame, Emilien Clère et François Toscano se replacèrent alors habilement, ramassant au passage les « knock-outés », en   « sautant » un David Derepas momentanément mal en point, les deux compères maraudant ainsi finement la seconde position. 


photo Didier Guérin

Chaque place ainsi chèrement gagnée, il ne restait plus dès lors aux protagonistes qu’à camper fermement dessus. Car fini le temps des folies, la ronde infernale devenait peu à peu pénible à tous !

Pour preuve, Benoît Daeninck avait de plus en plus recours à la position en danseuse, jetant un œil inquiet à un compte-tours désespérant de lenteur … Cent-soixante-quinze révolutions à accomplir, ça déprime légitimement, faut reconnaître …

 

Et l’on ne sera pas long à comprendre que le grand Benoît n’a en ce jour pas forcément l’intention de refaire son show de 2012. Quelques kilomètres règlés sur le râble de l’équipage Derepas / Buffet lui feront trouver finalement la position commode, comme une sorte d’observatoire idéal pour gérer des tours de piste à venir, devenant autant de pensums …

 

Derrière la trilogie Daeninck / Clère / Derepas, Antoine Gorichon, tétanisé peut-être par l’enjeu, n’arrivera jamais à évoluer à la cadence supérieure qui est d’habitude sienne. A quelques encablures, l’épatant Alexandre Paccalet déploiera un courage admirable pour décrocher  une cinquième place qui en dit long sur les potentialités futures du « gamin ». Quant à Antoine Gaudillat, qui avait tapé dans l’œil des observateurs en série, il n’apparaitra plus hélas aussi « saignant » dans cette finale. Dommage, car il se « rebecquetera » spectaculairement dans le dernier quart d’heure. Loin, plus loin derrière, Aurélien Estèvès, auteur d’un début de course tonitruant, finira « à la cave » … mais il finira, en ayant offert du spectacle à un moment de la course qui ne s’y prêtait pas vraiment … Loin devant lui le permanent, l’inoxydable Martial Kneiski, le grand serviteur du demi-fond, aujourd’hui plus que jamais à la hauteur de sa « mission » décrochera une émouvante septième place

 

A Martial Kneiski, le demi-fond reconnaissant …

 


photo Didier Guérin
 

 

Achevons cette revue de détail en saluant au passage la victoire en petite finale (oui, je sais il est bien temps maintenant !) de Mickael Lazare, du S.C.O Dijon, conduit avec maîtrise par son pacemaker Romuald Foucher devant Valentin Jury, Jérôme Brunseaux et Thomas Waskiewicz. 


photo Vio

 

L’idée de cette petite finale était excellente. Il ne reste plus qu’à reconduire cette formule pour l’édition 2014.

 

 

Mais revenons à nos motos … dans la guerre de tranchées qu’aura constituée la dernière demi-heure de ce championnat 2013,  chaque « guerrier » aura donc tenu son poste, jusqu’à l’épuisement de ses forces. Emilien Clère, qui a su plier pendant l’orage Daeninck, semble désormais, dans ce dernier quart d’heure de course,  disposer encore de réserves ; et franchement, tous ses suivants ne paraissent ne plus être en capacité de le déloger.

 

Tous sauf David Derepas. Lui, c’est un peu le « Luke la main froide » du demi-fond. On le pense k.o, il n’est que « groggy ». Il est à terre ? Il se relève toujours ! Il « coince » ? Oui, mais jamais il ne sombre … Avec un courage admirable, et alors qu’il est lui-même « dans le dur » depuis un bon moment, le quadruple champion de France va monter à l’assaut de cette seconde place si bien verrouillée par l'équipage Toscano/Clère, et livrer un forcing de dernière  minute pathétique …

 


photo Didier Guérin

 

Emilien Clère, légitimement inquiet, devra alors pousser les feux, et son magnifique mano-à-mano avec le Dijonnais enflammera dès lors les derniers tours. Emilien Clère tiendra bon, s’infligeant un tour supplémentaire pour être sûr bien qu’on ne lui fauchera pas sa chère deuxième place, concluant  sa trajectoire enthousiasmante en s’écroulant au sol une fois la ligne d’arrivée franchie … Depuis le temps qu’il tournait autour, Emilien, la voilà enfin gravie cette marche supplémentaire au podium, qui le rapproche de celle qu’il convoite tant !

 


photo Vio

 

Côté élégances, en se rendant vers lui pour s’inquiéter de son sort, puis pour le féliciter, Benoît Daeninck aura trouvé le geste, la « touche de classe » qu’il fallait pour magnifier cette édition 2013 !

 

Eh oui, le demi-fond a encore de beaux jours devant lui avec de telles courses et de tels coureurs !

Quant au numéro 1 de la saison sur route, le voilà numéro 1 sur piste derrière moto, pour la troisième fois consécutive ! Et avec cette jeunesse qui frappe désormais à la porte, qui penserait désormais à ergoter sur la valeur et la pérennité de ladiscipline ?

 

Le demi-fond a un passé, ça, on le savait.

A Dijon, on a pu se rendre compte de la richesse de son présent, et se réjouir des potentialités de  son avenir (franchement, une formule comme celle-là, ça vous met pas la larme à l'œil ?).

 

Quelle ironie vis-à-vis de ceux qui, un jour, ont impudemment décrété que le demi - fond devait être rayé des tablettes, ou qu'il était « tellement obsolète » …  

 

Patrick Police

 

 

 

 


photo Didier Guérin

 

Séries remportées par David Derepas et Benoît Daeninck

 

Finale

1er Benoît Daeninck (C.C Nogent sur Oise - Picardie) - entr. André Deraet (Bel)

les  50 kms

2è Emilien Clère ( U.V Aube-Charlott'/Champagne-Ardenne) - entr. François Toscano à 1 t

3è David Derepas (Prodialog DD / Bourgogne) - entr. Michel Buffet à 1 t

4è Antoine Gorichon (S.C.O Dijon / Bourgogne) / entr. Bernard Filiatre à 3 t

5è Alexandre Paccalet (V.C Vaulx en Velin / Rhône-Alpes) / entr. Marc Pacheco à 4 t

6è Antoine Gaudillat (A.S Corbeil-Essonnes / Ile de France) / entr.Alain Gaudillat à 4 t

7è Martial Kneisky (V.C Ornans / Franche Comté) / entr. Georges Colin

8è Aurélien Estèvés (Vineuil Sport Cyclisme / Région Centre) / entr. Raymond Persyn (Bel)

 

Petite finale

Les 30 kms

1er Mickael Lazare (S.C.O Dijon / Bourgogne) - entr. Romuald Foucher

2è Valentin Jury ( V.C Vaulx en Velin / Rhône Alpes) - entr. Marc Pacheco

3è Jérôme Brunseaux (S.C.O Dijon / Bourgogne) / entr. Michel Filiatre

4è Thomas Waszkiewicz (U.S La Gacilly - Bretagne / entr. Pascal Chollet

 

Avis : ces classements sont incomplets à défaut de production du classement officiel; il a été reconstitué à partir des témoignages des coureurs et entraîneurs :

merci de nous apporter votre contribution en corrigeant les éventuelles erreurs en vous servant des commentaires sur le blog

 

 

 

Bien cordialement

Patrick Police , le 21 Juin 2013

 

 

 



21/06/2013
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