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SAMUEL DUMOULIN

 

Samuel DUMOULIN  - L' interview (réalisé en Août 2005)

 

 

 

 

Ils ont arrêté un instant  leur course folle pour les "FONDUS" ... A vous Marc PACHECO et Samuel DUMOULIN ...

                                    

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F.D.D.F : " Pour un entraîneur comme vous, que représente votre association avec Samuel DUMOULIN? (est que "association" est le mot juste ... ? ) "

MARC :  " Vous avez senti juste, le mot "association" m'agace, celà veut dire que l'on donne un coureur à un ... motard pour le faire rouler derrière un derny ou une moto, et il n'y a rien derrière cet échange, sinon un intérêt quelconque à définir, sans aucun autre lien d'aventure humaine commune. Repérer un coureur, le convaincre de pratiquer la spécialité à l'entraînement puis en compétition, le connaître mieux, le préparer, le faire progresser, le voir gagner et récompense suprême être titré avec lui, voilà la définition du mot et de l'action entraîneur. Dans ce domaine, c'est Feu Michel BARRAULT qui m'a tracé le modèle à suivre entre autres ... ! Les CROTTIER-COMBE, VERCHERE, BUFFAZ, et autres dans le demi-fond à LYON sont passés par là mais avec Sam c'est autre chose de plus fort depuis 9 neuf ans, celà va au-delà du vélo, pardon à ses parents et à mes enfants, celà se rapproche de la relation filiale. Cette complicité a pris forme alors qu'il avait seize ans, - champion de France cadet sur route - et que j'ai proposé au Vélo-Club de Lyon Vaulx en Velin de recruter ce garçon à mon avis plein d'avenir et tracer son plan de carrière, comme nous l'avions fait avec ses aînés, les MOREAU, REZZE, BESSY et cinquante autres. Depuis, ce sont des kilomètres, des heures de travail, des déjeuners et des après-midi en tête à tête chez lui, des coups de fil et des sms lors de ses déplacements avant et pendant les courses pour la motivation. Et quand je ne suis pas disponible c'est André - le Papa - qui enfourche le scooter familial, et Yvette - la Maman - qui console le fiston prodige. Quand au petit frère, Grégory, il fait du derny derrière son frère pour tenter d'accéder au niveau de son aîné ... Bon sang ne saurait mentir, n'est ce pas les JALABERT ... ! "

 

F.D.D.F :  " Comment situez vous Samuel dans la hiérarchie de tous les coureurs dont vous avez eu à vous occuper ? "

MARC : " Je n'établirai pas de hiérarchie physique car ils font tous la carrière de leurs moyens. Je dirai que c'est tout de même mon petit bijou, car je l'ai façonné à l'élitisme après l'excellent travail de base de son club en cadet et minime, le Tonic Cyclo Club de Ternay, son premier entraîneur Michel SERVET, et son président Gérard EPINAT, où Samuel a repris sa licence depuis qu'il est pro après son passage à VAULX-EN- VELIN "

 

F.D.D.F : " Quelle est sa principale qualité ? "

MARC :  " Le Tonic Club lui a façonné ... la tonicité, c'est un jeu de mot bienvenu, ou plutôt, comme le dit la maman, a canalisé la débauche d'énergie que Sam développait à longueur de journée et tard le soir, et il n'a pas changé. C'est un puncheur, un gagneur sur ses objectifs. Capable de remporter n'importe quelle épreuve du calendrier international sur un jour ou une semaine "

 

F.D.D.F : " Pour vous, il se rapproche du prototype du coureur idéal, celui que tout entraineur rêve de rencontrer un jour ? "

MARC :  " Le GUERRIER qu'on rêve de posséder dans son effectif. il n'y a pas de coureur idéal. Chacun a des dispositions à mettre plus en valeur que d'autres dans leurs spécificités  "

 

F.D.D.F :  " Pour en revenir au demi-fond, pour ce que je comprends, un bon entraineur doit bien abriter son coureur, et doit le ménager en modulant et anticipan au mieux son "train" à celui de son coureur ? Vrai ? Insuffisant ? "

 MARC : " C'est vrai mais un peu trop banalisé - donc insuffisant-. ABRITER, oui, évidemment, mais aussi et surtout le PROTEGER des remous provoqués par les autres motos (comme un bateau sur l'eau pour faire une image, les motos provoquent des tourbillons d'air qui perturbent les adversaires dans les quinze mètres qui suivent chaque équipage). Le MENAGER, oui et non car il faut être performant pour gagner, donc le mettre au top de ses possibilités - sans le faire exploser - en lui faisant donner son maximum au bon moment. LE FEELING et L'EXPERIENCE font la différence entre les entraîneurs  "

 

F.D.D.F : "  Le travail de l'entraineur sur la moto est il différent de celui qu'il accomplit sur le derny ? "

 MARC : " Totalement différent, car les masses d'air déplacées ne sont pas les mêmes, donc le positionnement est tout autre. La preuve, en moto nous roulons à trente mètres les uns des autres avant de venir attaquer, alors qu'en derny on roule en peloton. Rouler à côté d'un coureur en derny ne provoque pratiquement pas de remous si on ne se "couche" pas sur le coureur. L'entraîneur s'apparente plus à un coureur avec plus d'abri et capable évidemment de rouler vite et longtemps sans faiblir. Alors qu'en moto c'est toute une affaire d'aspiration énorme où plus on roule vite et plus on est aspiré ! Plus on est aspiré plus on roule vite ... ! ... !

En derny la tactique est différente et s'apparente plus à une course traditionnelle. Les courses de derny sur route le prouvent puisqu'elles se disputent sur cent kilomètres. On s'échappe rapidement, mais on se fait revoir aussi très vite, celà permet un beau spectacle mouvementé et çà " frotte "... ! "

 

F.D.D.F : " Enfin, lors d'une conversation, j'ai été abasourdi en entendant un chiffre ... Vous m'avez dit que dans le final du championnat de France à COMMENTRY, Samuel est monté un moment à 88 km/h ... Vous confirmez? Si oui, il a tenu cette vitesse combien de temps ? "

MARC : " 88, c'est la moyenne annoncée pour les douze derniers tours, soit cinq kilomètres, mais lorsque Sam m'a crié à quinze tours " A fond ! Jusqu'au bout!", j'étais jusqu'à 92 et il me disait encore " Allez... allez...". Par prudence, je n'ai pas passé le 100 km/h, il y avait au bout un maillot tricolore à ne laisser à personne - une nouvelle fois au grand bonheur du bus de supporters qui avait fait le déplacement depuis LYON-. Il faut adhérer à "TOUS AVEC SAM", le fan-club, et aller sur le site SAMUELDUMOULIN. COM. çà déménage au rythme de notre champion "

 

C'est sur ce message que Marc nous quitte pour rejoindre la ronde infernale des pacemakers .... A Samuel maintenant de répondre aux questions des FONDUS :

 

F.D.D.F : " Qui vous a amené à la pratique du demi-fond ? Y a t'il eu un déclic particulier? En avez vous entendu parler avant de faire du vélo ? "

SAMUEL : " C'est mon entraîneur Marc PACHECO qui m'entraîne depuis mes débuts et qui passionné de cette discipline, m'y a amené. Il souhaitait remporter le titre de Champion de France de la discipline et je savais que je pouvais le lui apporter "

 

F.D.D.F : " Il était d'usage que c'étaient plutôt des coureurs en fin de carrière qui se lançaient dans le demi-fond. Vous, vous êtes plutôt un jeune coureur, et çà ne vous a pas paru incongru de vous lancer dans les compétitions derrière moto? Comment les autres coureurs du circuit professionnel voient-ils celà ? Ils ne vous ont pas fait de réflexions ? " 

SAMUEL : " Non, pas du tout, c'est vrai que cette discipline n'est pas l'habitude des routiers, mais j'aime bien faire autrement que les autres. Du coup, les réflexions des autres coureurs m'ont amusé, mais c'était plus de la curiosité que de la moquerie "

 

F.D.D.F : " Quelle sont les différences de sensations quand on est : "

* dans le sillage de la moto :  SAMUEL : " c'est une vraie sensation de vitesse, c'est grisant, on retrouve des sensations étranges plus près de la moto que du vélo, surtout lorsqu'on est écrasé dans les virages par la force centrifuge"

* dans le sillage du derny : SAMUEL : " c'est plus proche d'un final de course lorsque le peloton roule très vite lors de l'emballage final du fait aussi de la taille de l'engin, plus petite "


F.D.D.F : " Vous vous voyez un avenir dans le demi-fond, avec des ambitions particulières, ou vous le voyez comme faisant partie de votre métier, sans plus d'état d'âme ? "

SAMUEL : " Non, c'est un peu à part, car je le pratique rarement - mais avec beaucoup de plaisir tout de même- . Même si je sais que cette discipline m'apportera moins que la route, j'aimerais disputer un championnat du Monde lors d'une prériode où je suis en forme"

 

F.D.D.F : " Quel est l'apport de l'entraîneur dans la performance ? "

* en demi - fond :  SAMUEL : " Essentiel. C'est lui qui fait la tactique, qui gère les remous d'air et mon énergie durant la manche "
* en derrière cyclomoteur :  SAMUEL : " Le même rapport, tout en sachant que l'abri est moins important "

 

F.D.D.F : A ce sujet, je crois avoir compris que Marc PACHECO vous suit depuis longtemps ... Vous avez affaire à lui uniqument dans votre pratique pour les courses derrière entraîneurs ou bien est il utile aussi pour l'approche de vos courses sur route ? "

SAMUEL : " Marc est la seule personne avec qui je veux être entraîné, je lui fais une confiance aveugle, d'ailleurs je ne regarde jamais devant lorsque je cours derrière un engin motorisé lors des compétitions mais des entrainements aussi. En effet, cette année, Marc m'a amené en Espagne où il m'a entraîné lors d'une sortie où j'ai j'ai fait deux-cent quarante kilomètres. Une semaine après j'ai terminé 9è de PARIS-CAMEMBERT "


F.D.D.F : " Vous trouver dans le sillage d'un autre entraineur un jour vous poserait il des problèmes ? "

SAMUEL : " Ca m'est déjà arrivé, mais je suis moins en confiance qu'avec Marc, même si d'autres entraineurs ont sûrement de bonnes capacités. Avec Marc, on se connait très bien, on a une complicité en dehors du vélo, et celà se ressent sur la piste. Il m'a déjà fait des trucs incroyables sur la piste, et depuis je sais qu'il peut aller très loin "

 

F.D.D.F : " Des courses derrière cyclomoteurs ou derrière moto sont elles prévues à votre programme pour la fin de saison ? " 

SAMUEL : " Pas pour l'instant, mais j'aimerais bien pouvoir recourir avec le maillot de champion de France, c'est toujours grisant "

 

F.D.D.F : " Enfin, défendre votre titre en 2006, c'est un challenge intéressant ? (à ce propos, vous n'aviez pas pu le défendre en 2004 ? "

SAMUEL : " C'est vrai que je ne l'ai pas défendu en 2004, car je ne le pensais pas utile. Mais à l'avenir je vais le faire, car à chaque fois que je suis champion,  je fais une bonne fin de saison, et puis Marc est tellement heureux !

 


 

Merci à Marc PACHECO et Samuel DUMOULIN

Interview réalisé par Marc PACHECO

Mis en ligne par Patrick POLICE pour les Fondus du demi-fond

 

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DUMOULIN  S photo Marc Pacheco 18 06 2005 chpt de france commentry (20) - Copie.JPG



03/05/2011
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